Carnet de notes 2

Maintenant ça me dérange
De voir les gens en terrasse
Comme si je savais
Pour qui ils avaient
Voté

(31 août 2021)


Si un artiste
Est un chaman
Qu’est-ce qu’un lolcat
Et comment faire face ?

(28 août 2021)


J’entends que R. Kelly
Est actuellement en procès
Qu’est-ce qui se passe ?
Il a été accusé de vol ?

(24 août 2021)


Les villes sont d’venues
Des lieux d’safari
Et moi s’tu savais
Ça m’fait pas rire.

(16 août 2021)


Autoproclamée
La sensibilité dite de gauche
Est une chose dont il faut se méfier
Non pas comme la peste mais
Comme un bobo quand même.

(14 août 2021)


La poésie presse
Contre ses lèvres
La coupe perdue
De ceux qui rêvent

Et sur leurs êtres
Quand vient la fièvre
Un ange ému
Accorde son aide

C’est encore elle
Poésie, aile
Son envergure
Sans pareille

Qui désaltère
Et rassérène
La solitude
De ceux qui aiment.

(12 août 2021)


Pas besoin d’aller au ciné
Pour voir le thriller de l’été
Le thriller de l’été c’est l’été.

(12 août 2021)


Le jour
Où il arrêta de pleurer la mort
Il découvrit la vie et l’amour.

(12 août 2021)


A force de faire « Aum » il se mua
En un homme nouveau
Un peu femme à la fois.

(11 août 2021)


Jeunes pousses
Aux psychédéliques
Prouesses
Que votre frimousse
Extatique
Me berce !

(9 août 2021)


Françoise Hardy faisait de la natation synchronisée avec Jacques Dutronc
Sympa

Et moi
Dans cette galerie marchande

Je m’enfilais un bouquet de dauphins
Couleur bleu lagon.

(4 août 2021)


L’ESPRIT

L’oiseau et le poisson
Vivent dans un volume
N’est-il pas temps pour l’homme
De s’apercevoir que lui aussi ?

(3 août 2021)


L’été je donne mon sang
A des moustiques qui
N’en font qu’à leur tête
Et me laissent, clafoutis
Leur mettre la misère

– parce que je n’aime pas le clafoutis !!!

(2 août 2021)


Les moucherons nous rappellent
Que nous ne sommes pas seuls sur Terre

– Et que tu dois sortir tes poubelles !

(2 août 2021)


Trop de monde tue le monde
Trop de poésie tue la poésie

Trop de monde tue la poésie
Trop de poésie tue le monde

(31 juillet 2021)


GLAZER

Du réalisateur
Jonathan Glazer
J’avais vu jusque là
Son dernier long
Under the skin

Où il transfigure
Scarlett Johansson
Dans un remake de La
Mutante totalement
Hallucinogène

Et sans le savoir
Certains de ses clips
Notamment Street Spirit
Et puis Karma Police
Pour Radiohead

Depuis peu j’ai enfin
Vu Birth, son précédent
Et deuxième long métrage
Que je vous conseille
Au plus haut point

Pour celui-ci il a pu
S’octroyer les services
De Nicole Kidman, qui y
Brille comme si c’était
Là le rôle de sa vie

Et d’ailleurs, sans
Rien dire du scénario
Il est étonnant d’observer
Que son nom contient
L’intrigue de ce film.

(30 juillet 2021)


Clara L. et moi
Nous étions
Mariés

Unis
Devant
La société

Mais en vrai
Étions surtout
Sexe friend, soit.

(29 juillet 2021)


Les ailes du désir
De Wim Wenders
C’est tellement triste
Que cela m’égaye.

(29 juillet 2021)


– Allô, Sylvain ?

– Oui ?

– C’est Chris de Coldplay, on a besoin de toi, on vient de sortir sur internet « Coloratura », le 2e extrait de notre nouvel album, Music of the Spheres…

– Oui, j’ai vu ça l’autre soir, en quoi je peux vous être utile ?

– On sait que tu nous suis depuis nos débuts et que tu es le pont, la synthèse parfaite comme on n’en fait plus entre indie et mainstream…

– Ah, ah, oui, oui, je vois ce que tu veux dire Chris, mais n’en fais pas trop non plus !

– Mais si je t’assure, tu es notre ambassadeur secret ! Tu étais toujours là quand on a viré maousse de chez Mickey Mouse avec X&Y puis Viva La Vida et surtout Mylo Xyloto et A Head Full of Dreams. J’ai bien senti qu’avec A Head on t’avait un peu perdu mais t’avais quand même sauvé quelques morceaux et surtout, surtout, moi ce qui m’a touché c’est que tu as dit à qui voulait bien l’entendre que Ghost Stories était un putain de bel album pas du tout taillé pour les stades, quelque chose d’intimiste, onirique et concis qui pouvait même séduire les détracteurs de Coldplay, là bravo, il fallait la trouver celle-là… Bref, tu as écouté « Coloratura » ?

– Oui, et…

– Hé bien « Coloratura » c’est l’inverse de « Highest Power »…

– Oui, c’est l’océan rouge…

– Comment ?!

– « Higher Power » c’était votre proposition « océan bleu » et « Coloratura » c’est votre proposition « océan rouge », comme ça y’en a pour tout le monde…

– Ah, ah, ah ! Le morceau n’est pas du tout pop, oui, si c’est ce que tu veux dire. Il dure 10 minutes et si les gens disent que c’est notre titre à la Pink Floyd, nous on a plutôt tendance à le voir comme notre « Bohemian Rhapsody », tu vois ?

– C’est vrai que tu y parles de Galileo… Et donc ?

– On aimerait bien que tu y consacres un post sur ta page Facebook ?

– Sérieux ?!

– Oui, tu sais, j’ai beaucoup réfléchi durant cette période de confinement, Sylvain, réfléchi à mes attentes quant à la musique, à mon rapport à la célébrité, au public, et je me suis vraiment dit que sous peine d’une totale perte de sens il était grand temps de revenir à quelque chose d’humain et sans filtre, d’opérer sans intermédiaire tant que possible…

– Oui, mais à propos de sans…

– Donc Sylvain, on aimerait bien que tu en parles aux tiens, aux gens qui consultent ta page, qui te suivent. Tu as carte blanche en plus, on te fait entièrement confiance…

– Chris, je vais être franc avec toi et tes gars…

– Oh ok, vas-y, bien sûr…

– C’est pas rien ce que vous me demandez-là. J’ai bel et bien écouté « Coloratura » l’autre soir, enfin l’autre nuit, parce que j’avais rien d’autre à faire, que Google News me l’avait proposé et que le sommeil voulait pas se pointer… Bon, je sais comment ça va sans doute se passer, pour l’instant je suis pas dedans, je trouve ça inutilement long et peu inspiré… franchement name-dropper le noms de telles et telles galaxies c’est un peu le degré zéro de la fulgurance poétique mais bon, ouais, je sais comment ça va peut-être se passer, là je trouve ça aussi sexe que Thomas Pesquet mais je vais réécouter pour voir et si ça se trouve ça va finir par s’insinuer en moi ce côté berceuse fleur bleue œcuménique, ce côté morphine pendant qu’on se fait sodom…

– So quoi ?

– Nan, rien… Et au final je vais me dire why not…

– Aaah…

– Alors bon, tu sais, là je viens d’acheter une boîte d’Euphytose Nuit et je sais pas si je conseille plus ça à ceux qui me lisent que votre « Coloratura » Chris…

– Euphy… quoi ?

– …tose. Un truc à base de passiflore et de mélatonine, pour faciliter l’endormissement.

– Ah, mais super Sylvain, super ! Hésite pas à dire ça oui, super ! En plus ça me donne une idée ce que tu me dis là, super, je te laisse, j’en parle de suite à mon staff ! Bye.

(28 juillet 2021)


Aussi bigard que ça puisse sonner
Je milite pour le bonne
Oui, le bonne journée
Ceux qui disent belle
A la moindre occasion
J’ai toujours l’impression
Qu’ils sont en train de bêler.

(27 juillet 2021)


En ce moment je ne sais pas
Si beaucoup balaient devant leur porte
Mais dans mon immeuble
Ça passe beaucoup l’aspirateur.

(26 juillet 2021)


AME EDITER

Amour, dieu, vie, univers
Quel que soit ton nom
Depuis quelque temps
Tu fais vibrer ma lyre
D’une bien drôle manière
Ne suis-je plus bon soulier à ton pied ?

(25 juillet 2021)


Parmi les mots
Que je trouve pas beau
Il y a conjoint et libido.

(24 juillet 2021)


Ce soir je me fais une glace
De nuages roses pâles.

(23 juillet 2021)


L’oiseau qui vole
Dessine dans le ciel
Pour l’homme et la femme
Un diamant éternel.

(23 juillet 2021)


Apprends-toi
A te nourrir du bien
Et le bien viendra.

(23 juillet 2021)


TITANE

J’ai l’impression que beaucoup de gens
Vont aller le voir pour se faire un avis
Et qu’au final ils vont se faire un navet.

(21 juillet 2021)


Et pendant ce temps
Jeff Bezos et Richard Branson
Font un concours de bite dans l’espace.

(20 juillet 2021)


La généralisations des plans culs
Est un changement de paradigme
L’avenir sera tantrique ou ne sera pas.

(17 juillet 2021)


Le jour où politique et médecine s’emmêleront
Comme les gens n’y entravent que couic
On sera bien dans la merde.

(16 juillet 2021)


J’ai longtemps entendu parler
D’un recueil de Maxime de La Rochefoucauld
Avant de finalement réaliser
Qu’il s’appelait François.

(14 juillet 2021)


LA DISTOUQUETTE

Alors que nous n’avions rien
Ouï du fameux discours, nous
Amusant à faire se télescoper
Dystopie et bistouquette en
Inventant au passage à la
Faveur de je ne sais plus
Quel blabla le concept

Vide de distouquette

Nous en parlions hier avec un ami
Dont je tairai ici l’identité afin
Qu’il garde toute la superbe
Qu’il ne doit qu’à lui-même
En n’étant nullement mêlé
A mes jeux de mots aussi
Douteux que visionnaires

« … mais le ton de l’intervention d’hier nous a plongés en pleine dystopie. «Macron a sorti son gros bâton », voilà… » dit l’article de Heidi.News, titrant « Vu de Suisse, l’autoritarisme de Macron est surréaliste ».

(14 juillet 2021)


Ça y est, c’est chouette
Grâce à son discours
Et ses mesures dites
Sanitaires la France
Est prête pour
Un burn-août
Cramons
Macron.

(13 juillet 2021)


ANNETTE

On se lève tous pour Annette ?
Je viens de voir le dernier
Leos Carax et ne sais
Encore quoi en dire
Ni penser alors
Bon signe… ?
Bon sang !

Bon, allez je me lance en fait (attention – spoiler alert – et me lance plus sur le fond que sur la forme d’ailleurs, forme qui m’a semblé inventive, riche, frappante, même si kitsch et naïve et parce que kitsch et naïve parfois, fleur bleue – féminine ?) : en fait ce que je pense c’est que le film cherche à illustrer/incarner ce qu’il dénonce, à savoir que les hommes sont éduqués à jouer le rôle des cyniques, des puissants qui écrasent et les femmes le rôle de celles qui pleurent, subissent et meurent, d’où le casting déséquilibré jusqu’à la caricature (Adam Driver plein et charismatique, Marion Cotillard, vide et lisse), la surprésence de l’acteur sur l’actrice, le rôle très explicite et dualiste que jouent, dans l’industrie du spectacle, chacun des deux personnages et qui est le parfait miroir de ce qu’ils vivent dans leur sphère privée… Déséquilibre des rôles dont sont victimes à la fois l’homme et la femme (même si c’est la femme qui meurt – hé oui c’est un film sur le féminicide), déséquilibre qui semble trouver une issue dans le personnage de la fille donc, Annette, qui rompt face à son criminel de père le silence par rapport à l’absurdité de leurs rôles à tous deux.

D’ailleurs la dernière phrase du film c’est celle du personnage masculin avant d’aller au coin et que donc le film féminicide ne se termine avant de laisser place à l’éventuel nouveau départ et changement de rôle qu’incarne sa fille et cette phrase c’est : « Arrêtez de me regarder. » Sous-entendu : « Arrêtez de regarder des histoires comme moi (l’abysse du féminicide) et des hommes comme moi. » Tout au long du film la question du personnage masculin c’est : « Qu’est-ce qu’elles me trouvent ? Pourquoi elles m’aimebt alors que moi pas ? » La réponse c’est : elles veulent le sauver, elle veulent mourir, elles désirent cela. C’est aussi cela que dit Carax. Que le désir est encore trop dans le désir du prédateur…

D’ailleurs (bis), c’est ce que dit le « second couteau », le second personnage du film, l’accompagnateur devenu chef d’orchestre : l’actrice n’a pas eu assez de désir pour lui – trop fiotteux, il n’aurait pas pu la tuer – et elle s’est tournée vers le comique musclé, ténébreux et torturé…

Après, Annette, et c’est aussi ce que semble dire Carax malgré toute la proverbiale sensibilité dite féminine qu’il peut avoir et qu’il déploie à travers ce film et son parti pris de comédie musicale, hé bien ça reste un film d’homme, produit par des hommes (Adam Driver, l’acteur, est aussi producteur) et donc avec une psychologie d’homme, disant, pour un temps encore, que tous les grands films sont des films d’hommes (parce que l’homme créa la femme et le cinéma avec), mais que c’est en train de changer justement, que tout ceci, dont lui, est en train de mourir et qu’Annette, parmi d’autres choses et signes, en est son chant du cygne (in a seriooous moooonlight !).

Allez, si, je me lance (attention – spoiler alert) : en fait ce que je pense c’est que le film cherche à illustrer/incarner ce qu’il dénonce, à savoir que les hommes sont éduqués à jouer le rôle des cyniques, des puissants qui écrasent et les femmes le rôle de celles qui pleurent, subissent et meurent, d’où le casting déséquilibré jusqu’à la caricature (Adam Driver plein et charismatique, Marion Cotillard, vide et lisse), la surprésence de l’acteur sur l’actrice, le rôle très explicite et dualiste que jouent, dans l’industrie du spectacle, les personnages et qui est le parfait miroir de ce qu’ils vivent dans leur sphère privée… Déséquilibre des rôles dont sont victimes à la fois l’homme et la femme (même si c’est la femme qui meurt – hé oui c’est un film sur le féminicide). D’ailleurs la dernière phrase victimiste du personnage masculin avant d’aller au coin et que le film/féminicide ne se termine c’est : « Arrêtez de me regarder ». Sous-entendu : arrêtez de regarder des histoires comme moi (l’abysse du féminicide) ou des hommes comme moi. Arrêtez d’y prendre du plaisir. Parce que tout au long du film la question du personnage c’est : « Qu’est-ce qu’elles me trouvent, les femmes ? Pourquoi elles m’aiment alors que moi je ne m’aime pas ? » La réponse c’est : elles veulent le sauver, elles veulent mourir, elles désirent cela. C’est aussi cela que dit Carax. Que le désir est encore trop dans le désir du prédateur. Le désir intense de mourir. Et ce déséquilibre des rôles homme/femme semble finalement, dans le film, trouver une issue dans le personnage de la fille donc, Annette, qui rompt, face à son père, le silence par rapport à l’absurdité de leurs rôles à tous les deux.

(12 juillet 2021)


– C’est un roc ! C’est un pic ! C’est un cap !
Que dis-je, un cap ! C’est une péninsule !

– Non, c’est mon nez à peine sorti de mon masque madame parce que voyez vous j’ai besoin de respirer, pardonnez alors si vous avez l’impression qu’il s’agit de l’attribut de quelque rockstar inopinément sorti de son falzar.

(11 juillet 2021)


Ne soyons qu’être
Soyeux, le poil brillant
Au lieu de sans cesse faire
A s’en faire des cheveux blancs.

– un penseur pas encore chauve du 21e siècle.

(11 juillet 2021)


I’LL BE YOUR MiRROR

L’apport spirituel
A l’échelle de l’humanité
De la musique enregistrée
Me semble une perspective
Que personne n’a encore

A part peut-être
Pacôme Thiellement
Réellement développée

De la musique enregistrée
Qu’elle soit pop, rock ou autre
Comme étant de la musique
De chambre, la tragédie
Grecque, l’opéra

Quelque part l’envers
Du divertissement

J’aurais aimé qu’à l’aise
Dans sa piaule pleine de
Disques un Blaise Pascal
D’aujourd’hui nous en
Parle comme il se doit.

(5 juillet 2021)


Tu as voté
Escalier, ascenseur
Ou échafaud ?

(20 juin 2021)


Devant la fermeture
De tout sauf du chez soi
À part descendre dans la rue
Gueuler comme des putois
J’aimerais bien qu’on se retrouve
Pour ceux que ça dit
Chez l’un ou l’autre
Pour quelques médit’.

(27 janvier 2021)


Le terrorisme banal
Des gens qui parlent

Tout haut dans leur portable

Bam !
Bam !

(26 janvier 2021)


-2021
Triste an
Et e-soldes.

(26 janvier 2021)


Si ça ne coûte rien d’essayer
C’est que ça n’aura aucun effet.

(24 janvier 2021)


Pourquoi regarder la télé
Quand on peut regarder les étoiles

Et la nuit descendue
Sur la rase campagne

Aux senteurs de feu de bois
O pourquoi ?

Douce compagne
Doux pourquoi.

(24 janvier 2021)


Maintenant
On n’a même plus
A ouvrir la bouche
Suffit de la montrer.

(22 janvier 2021)


Chaque jour
On risque sa vie
A ne pas la risquer.

(21 janvier 2021)


L’opercule en alu du yaourt
Qui s’déchire inexplicablement en p’tits bouts
Au lieu du beau cercle promis tout d’un coup
Comment ça me reloute !

(19 janvier 2021)


René Char : La poésie vit d’insomnie perpétuelle.

Sf : Et d’insolence, d’insularité. D’insatisfaction et d’instants parfaits. Bref, la poésie vit de tout ce qui a des ins’.

(19 janvier 2021)


Les olives pas dénoyautées
Sur les pizzas comment
Ça me fout le seum.

(18 janvier 2021)


Pensée pour Agnès
Et comme à chaque fois
A ceux qui restent
Mais qui part vraiment ?

(18 janvier 2021)


Le plus beau poème
C’est quand on fait l’amour
Et que je te trouve belle
Au miracle
Mais que je n’en dis mot
Et en prends acte
De tout mon corps
Pour tout le tien.

(17 janvier 2021)


Devant la neige

Il n’y a plus ni enfants des cités
Ni enfants des beaux quartiers

Il n’y a qu’elle
La neige

Enfants qui jubilent
Duvet nostalgique

Regarde même
– l’adulte vacille.

(16 janvier 2021)


On est gouverné par la peur
Regarde-la faire n’importe quoi
Au réveil
A 20h00
Au-delà.

(15 janvier 2021)


Je lèvre : est-on jamais rassasié du baiser ?

(14 janvier 2021)


Dès qu’il pleut, je prends le large
Bien qu’étant en terre du milieu
Et sous ces cieux, je vo-y-age
N’est-ce pas merve-i-lleux ?

(14 janvier 2021) 


Je cherchais un temple
Où me prosterner
O merveille
Je t’ai trouvée

(12 décembre 2020)


Les yeux sont la fenêtre du masque
La bouche du grand nawak
Wake up, we got to take
The power back !

(25 11 2020)


Un jour
Malheureusement
Certains de ceux
Qu’on qualifie de
Complotistes
Diront : tu vois
J’te l’avais dit

Et d’autres
Heureusement
Diront un jour
Tu vois ?
J’te l’avais dit.

(24 11 2020)

 

 


Bonne nuit
Ferme bien ta gueule.

(24 11 2020)


Pour un élève
Chaque prof
Est le fasciste
De sa matière.

(23 11 2020)


– Est-ce qu’il vous faudrait
Un peu de pain avec ceci monsieur ?
Le mec de chez Naturalia
En plein délire flagornerie
Éléments de langage

(20 11 2020)


Tu peux mettre tes couilles sur la table
Tout le monde aura fait un burn-out
Avant que la banquise ne s’évade.

(19 11 2020)


Ils écoutent de l’attrape nigaud
Dans les entrailles du métro
Et les mandibules de leur son électro
Te découpent par rebond le cerveau.

(19 11 2020)


Des gens ont cru et participé
A moult phénomènes de masse
Mais là qu’il y ait un complot mondial
Cette goutte fait déborder leur vase.

(18 11 2020)


Et dire qu’aux Etats-Unis
On appelle citizen un citoyen.

(17 11 2020)


À quoi bon
Bon à rien
Recouper ses sources ?
Plus aucune n’est fiable
Glissement de terrain
Numérisation totale
Une partie du globe
A un train de retard

Fake news
Fuck you, t’as plus
Que ce mot-là en bouche
Plus besoin de ce nous
Nouveau, t’entends ?
Burn-out, born again
Reboot, twist & shoot
Retour à la source fils !

(16 11 2020)


Chacun est là
Ordonné
Le cours
Pardon
La vie
Peut continuer.

(16 11 2020)


A l’époque
Où ça avait lieu
Personne ne croyait
Que ça avait lieu.

Est-ce une résurgence
Du passé mal vécu
Si tout ce monde

Croit aujourd’hui
Que ça revient
Au centuple ?

(15 11 2020)


I SEE BED PEOPLE

Le confinement a transformé
Les noctambules en somnambules
Ils errent en pyjama dans les rues.

(14 11 2020)


Une chose est sûre
Les gens qui veulent taper sur les autres
Z’êtes démasqués !

(13 11 2020)


Ce truc avec le bras
Que vous faites avec ton amie
De vous tenir par la main
Quand un obstacle se présente
C’est rien, c’est tout.

(12 11 2020)


L’étang approche
Jetons-nous allô
Or de nos caboches
De cools collabos.

(10 11 2020)


Un mendiant
Vient de passer
Le débit lancinant
Mazoutant toute la rame
Une part de moi
Avait envie de prendre un flingue
Et de lui coller deux balles
Ils auraient applaudi.

(10 11 2020)


– Monsieur, la langue française elle a tellement de mystères
Que parfois je me demande si c’est pas une pyramide d’Égypte…

(9 11 2020)


Quand chacun aura fait son burn-out
Dans son délire de casser la croûte
On pourra prendre une autre route.

(9 11 2020)


Pour tous ceux qui n’arrivent plus
À dormir depuis le confinement
Dominique a trouvé la solution
Son dernier album Vie étrange

Il est sorti hier
Et dieu sait combien
Le Dominique A d’hier
Conspuerait celui ronflant
Du jour boudiou de boudiou !

(8 11 2020)


Je propose qu’un jour sur deux
Afin de déposer nos armes
On transforme les écoles en ashram.

(8 11 2020)


La lumière d’automne
Donne à voir
Freewheelin de Dylan.

(6 11 2020)


Mdr j’ai rêvé
Que je croisais
Bruel dans un pub
Et que je lui disais
Devant le jukebox
Ce que j’avais
Sur le cœur

« T’imagines
Si tu sortais
Une chanson comme
« Qui a le droit » aujourd’hui ? »
Ce serait le sommet
De la rébellion »

(5 11 2020)


Merde j’ai rêvé
C’était en Une
D’un magazine
Que Bryan Adams
Était Mort

A 78 piges
Pourquoi ? Bizarre
Il n’a pas cet âge et
N’est-il pas immortel ?

(5 11 2020)


POLITIQUE

Perdre des amis Facebook
N’est pas la fin du monde

C’est même la moindre des choses quelque part
On est là pour secouer, faire des vagues

Qui plus est quand on est un artiste
Ou se targue de l’être

Genre de gauche
Vive les livres

T’imagines si Dylan
N’était pas passé
A l’électrique
De peur de
Perdre
Son

Public ?

Si Radiohead
N’avait pas osé
Trente-cinq ans plus tard
Guillotiner ces cordes
Pour nous pondre

Kid A ?

Ceux qui veulent protéger leur fanbase
Comme on sauve ses fesses
Les perdront tout autant

On est en train de tout perdre comme ça

N’ayons pas peur
De discuter politique
Elle est là comme l’automne
Comme l’hiver et la nuit et le froid
Viendront et généreront leur propre

Confinement

Peut-être doux
Terribles en cela

N’ayons pas peur
De discuter de la chose

Politique

Avec recul, humour, respect
Ou même émotion si elle doit venir

C’est la lanterne qui nous reste
Il n’y a rien d’autre à protéger
C’est notre cité, notre angeles

Diviser pour éduquer

Parfois.

(2 11 2020)


– Chérie, tu sais quoi ?
– Non, mais tu vas me le dire…
– Je crois que je vais mettre des poils de toi dans mon masque afin d’y désirer de tout cœur y enfouir mon visage.

(1 11 2020)


Le point positif du confinement number two
C’est que la majorité de ceux
Qui n’en étaient pas encore convaincus
Se rendent enfin compte
De l’absurdité du truc.

(1 11 2020)


Comment faire de la philo de comptoir
Si on n’a plus ni restos ni bars ?
Dans ma tête je me tape des barres
Est-ce que tu me suis ou pars ?

(30 10 2020)


Pourquoi tout plutôt que rien ?
Parce que tout ce qui est
N’est rien
Qu’un.

(29 10 2020)


La mer fait les pierres douces
Comme l’amour
Patience.

(29 10 2020)


Le tremplin de son 501
Me rendait Nietzschéen.

(28 10 2020)


Veuillez pardonner mon langage
Loin de moi l’idée, qui plus est
De vouloir jeter le discredit
Sur une pratique qui peut
Séduire les deux parties

MAIS PUTAIN
A FORCE DE SE FAIRE ENCULER
ON VA PEUT-ÊTRE COMMENCER
A CRIER, NON ?!

(28 10 2020)


Ceux qui vilipendent Houellebecq today
L’auraient fait de Gainsbourg hier.

(27 10 2020)


C’est horrible
Je lis Le Lambeau
De Philippe Lançon
Et j’y trouve le même
Narcissisme bourgeois
D’homme blanc fasciné
Par sa vie et son nombril
Que dans les livres de
Tesson et Carrère
Y’a qu’à moi que
Ça fait ça ?

(26 10 2020)


Tu vois tous ces chevaux qui se cabrent ?
C’est la mer et ses vagues.

(26 10 2020)


Varenne
Et ne reviens jamais.

(21 10 2020)


Couvre-feu
N’est qu’oeuvre
De fous.

(19 octobre 2020)


La cloche tranquille.

(15 octobre 2020)


J’interdis quiconque
De discuter du bien fondé
Ou de la cohérence du discours
De ce pantin qui nous préside
Bien sûr que c’est des conneries
Que ça ne tient pas debout
Depuis le début il est là
Pour qu’on tombe.

(15 octobre 2020)


On rapporte que deux personnes sans masque
Se seraient croisées et auraient engagé
La conversation pour cette simple raison.

(14 octobre 2020)


En Angleterre il paraît que mathématiquement
Ils font pas le distingo entre direction et sens
Philosophiquement, spirituellement
C’est pas rien…

(14 octobre 2020)


Tu vois Perrette et son pot de Bridelice ?
C’est moi avec mon masque.

(13 octobre 2020)


On a tous besoin de pestacle et pop corn
Sauf que maintenant c’est « all inclusive »
Toute la journée avec nos smartphones.

(13 octobre 2020)


Je tiens à me présenter droit devant celle que j’aime
Comme devant Lui en ma toute fin
Car l’un et l’autre ne sont qu’un
Et leur grandeur est ma superbe.

(12 octobre 2020)


Un enfant dans sa poussette parmi les usagers
Regarde les hochets de nos yeux, médusé
Pensée pour lui qui nous voit tous masqués
Penchés sur de curieux rectangles.

(12 octobre 2020)


Ecartèle citadelle

Comment dire adieu au chaos
Quand il nous permet
D’être danseur
Étoile ?

(12 octobre 2020)


Ce moment où on se regarde tous
Sans se regarder
Parce qu’une vieille dame chelou
Venant du fond du train comme du trou
De sa voix haut perchée
À quémander un sou pour manger
Et que personne n’a donné.

(8 octobre 2020)


Le sexisme c’est aussi
Au collège de laisser
Les garçons patauger
Dans des WC infâmes
Quand les filles ont droit
Au standing trois étoiles.

(8 octobre 2020)


– Je est un hôte.
– Je dirais même plus : un astronaute !

(7 octobre 2020)


Si j’étais le conseiller en com de Trump
Je mettrais au point un plan simple
Consistant à faire croire
Qu’il a chopé le virus
Mais qu’en fait
Il en guéri vite
Très très vite même
Comme s’il était plus fort
Que le covid et bim ! J’aurais alors
Le symbole Great again dans un corps.

(7 octobre 2020)


La terre est hydro alcoolique
Elle se nourrit en eau depuis…
Trop longtemps ça suffit !

(7 octobre 2020)


– Chérie, ça fait des plombes que t’es dans la salle de bain, qu’est-ce tu fabriques ?
– Une femme

(6 octobre 2020)


Fut un temps
Où ni les yeux bleus
Ni les fleurs
N’existaient
Alors
Let there be love.

(6 octobre 2020)


Parfois
Tout ce qu’il
Leur reste aux
Gens c’est leur
Grand méchant
L.O.O.K.

(6 octobre 2020)


Assis derrière l’ordi
Tout le monde attend le messie.

(4 octobre 2020)


L ‘ a n g o i s s e
C’est de la kundalini
Qui cherche à venir
Des chakras qui
M e u r e n t
De ne s’ouvrir
A la lumière
Au vide
Là vie.

(1er octobre 2020)


Est moderne celui qui a tiré
Un bon diagnostic de la situation
Et y répond. Tu ne l’es pas.

(1er octobre 2020)


POST REAC’

Les tenues sexy
C’est comme le catéchisme
C’est mieux d’y venir
Lorsqu’on a l’âge
De comprendre
Certaines choses
Si tant est que
Ça nous parle.

(29 septembre 2020)


Fait un temps à cueillir
Des champis dans les sous bois
Ou rester sous les draps.

(29 septembre 2020)


Aimer quelqu’un
C’est le regarder mourir
Jusqu’à le tuer
Soi-même.
Dit-il.

(29 septembre 2020)


Poisson
Squelette
T’inquiète
Y’a pas d’arrêtes
Dans le beefsteak.

(28 septembre 2020)


Mon téléphone a les boules.
Il ne reconnaît plus ma bouille.

(28 septembre 2020)


Quelle est la plus festive
Des fautes d’orthographe ?
Réponse : BONNE ANNIVERSAIRE !

(28 septembre 2020)


Copine de grand huit
Que me défigure
Le cockpit.

(27 septembre 2020)


A force d’être attiré par le jeûne
Je me demande si je ne suis pas
Une cougar.

(27 septembre 2020)


Désir
Destin
Intestin
Un jour je louerai mon bide
Pour longs et boyaux sévices.

(27 septembre 2020)


Le problème des profs
C’est qu’ils n’ont pas
Un, deux, trois
Quatre gamins
Ils en ont 30 par classe
Alors comprends-moi
Je les plains.

(25 septembre 2020)


La raison cède place
Au ressenti
Et je me dis
C’est de bonne guerre.

(24 septembre 2020)


Ok, alors on a plus que trois jours à vivre
Et durant ces trois jours
Il va faire que pleuvoir
C’est ça le deal ?

(24 septembre 2020)


Si j’ai bien suivi, dès lundi
Les bars devront fermer à 22h
Dans 11 grandes villes classées
Zone rouge de notre cher pays
Bon alors maintenant
J’aimerais voir dans la rue
Tous ceux qui il y a cinq ans
Ont héroïquement clamé
Que boire son verre de
Rouge en terrasse
Était un acte
Militant.

(24 septembre 2020)


Hier je me faisais cette réflexion
Je travaille assis et je mange debout.

(23 septembre 2020)


Elever le niveau de jeu
C’est dire hello à dieu.

(22 septembre 2020)


Les vêtements sont des objets sexuels.

(20 septembre 2020)


Patti Smith il vaut mieux l’avoir en disque
Qu’au bout du fil car dès qu’elle parle
C’est festival d’images d’Épinal
De conneries et de poncifs
Propres à mouiller
Le frenchie
Patti, t’sais quoi ?
Rimbaud ça lui fait mal
D’entendre ça alors même
Dans son cercueil – s’il en a un
Ou alors au ciel ou quelques limbes
Il chante à tue-tête pour pas entendre ça !

(17 septembre 2020)


– Je connais des gens qui se sont mis à fumer rien que pour pouvoir l’enlever.
– Naaan, t’es sérrrieux ?!
– Nan, mais qui sait ? Ça pourrait être vrai.

(17 septembre 2020)


Je maîtrise
À la perfection
L’art de le porter
En boucle d’oreille

Et de le dégainer
En deux douze
Comme un
Faussaire.

#balancetonport

(14 septembre 2020)


Au dos d’un bouleau
Méditer
A bas le très haut
Gravité.

(13 septembre 2020)


Les ados sont la preuve vivante
Que l’âme précède le corps
Sauf qu’ils ne l’ont pas encore.

(11 septembre 2020)


Au sol les marrons
Me font de l’oeil
« Ramasse-moi »
« Non : moi ! »

(11 septembre 2020)


LA HAINE

Vu enfin La Haine avant hier
Pas pu m’empêcher tout le film
Durant de penser à ce qu’étaient
Respectivement devenus les trois
Principaux protagonistes à savoir

Vincent Cassel, le blanc, une resta bourgeoise
Said Taghmaoui, je ne sais pas trop quoi
Après avoir joué paraît-il son quota
Dixit une pote de rôles de
Reubeus en France
Et de terroristes
Aux Etats-Unis
Et Hubert Koundé
Nada apparemment

Sauf que non
C’est tout le contraire
Huber Kounde a continué
A jouer dans plein de films

De téléfilms, de pièces
De théâtre et qu’il a
Egalement réalisé
Et scénarisé
Trois films

Pas pu m’empêcher
Non plus de penser
Aux résidus de culture vintage
Issu des nineties et des seventies
Taxi Driver, la soul, le break
Qui parsèment le film
Et donc à la présence
Encore de passerelles
Ce dont est totalement
Dépourvu Les Misérables

Pas pu ne pas penser
A l’esthétisme
Au fait que pour Cassel
« le noir du cinéma français »
Comme le dira Aïssa Maïga
A la cérémonie 2020 des Césars
Cassel, le fils de bourges en vrai
Sans vouloir trop faire
Dans le lynchage
Ou le binaire
Le Sylvain Tesson
Du cinéma français
Comme je le pense
Au fait que pour lui
C’était devenu
Un passeport

Du cool de la violence
L’amour et la violence

Pas pu m’empêcher de penser
Au Bonheur des uns, le film
Pour lequel il est à l’écran
Actuellement en salles
Et qui a l’air à chier

Et à sa prise de position
Quelques jours plus tard
A propos du film Énorme
Pour laquelle il s’est
Fait tancer

Le 9 septembre 2020
Sur le plateau
Du Quotidien
De Yann Barthès
La chroniqueuse
Maïa Mazaurette
Rappelait que
« Dans la vraie vie
On n’a pas le droit
D’empêcher une femme
De disposer de son corps »

Parce qu’apparemment
Énorme parle de cela
Un mari qui piège sa femme
Pour qu’elle tombe enceinte
Car il veut absolument un enfant.

Et Cassel alors
L’acteur et l’homme
Sur le plateau
De C’est à vous
D’Anne-Élisabeth Lemoine
S’était insurgé
Contre cette sorte de censure
Et de procès de la fiction
Dont procède l’époque
Déplorant une forme
De radicalité et
De pensée
Unique

Et Mazaurette alors de Twitter
« Scoop : l’acteur principal de La Haine
Pense que le cinéma ne peut pas
Interroger le réel »

Comment ne pas penser
A la vache qui apparaît
En hallu à Cassel
Dans La Haine
Et que Cassel
Est je trouve
Quelque peu
Devenu ?

Comment ne pas penser
Qu’il incarne La Haine
Et génère la haine ?

Ne pas penser
A l’éternel retour
De cette phrase forte
Qui ponctue le début
Le milieu et la fin du film
Et qui me renvoyait au
« Petits enfants »
De Bashung

« L’important c’est pas la chute
C’est l’atterrissage ».

(10 septembre 2020)


Le secret en musique comme en tout
C’est de varier les plaisirs
Ceux qui n’écoutent
Que du rock
Iront en
Enfer

(10 septembre 2020)


Les profs qui sont au lycée
Se sentent toujours supérieur
À ceux qui sont au collège
Ça en dit long sur le niveau.

(09 septembre 2020)


Les enfants
C’est comme les femmes
Je préfère celles des autres.

(08 septembre 2020)


Vous voulez écrire
Mais vous avez des doutes ?
Abstenez-vous.

(08 septembre 2020)


Moisson de lune
Champ de silence
Où va soluble
Ta souvenance.

(08 septembre 2020)


Le réflexe du raciste c’est
« Ma souffrance d’abord. »

(07 septembre 2020)


Laisse pas traîner
Ton soleil de fils
Si tu veux pas
Qu’il glisse !

(07 septembre 2020)


Annie est partie
Tout le monde est corda
Quoi qu’on en ait dit
C’était une grande d’âme !

(05 septembre 2020)


Olala, là-bas
Une bouche en liberté, sergent
Grosse comme un cœur, saignant
Qui bat, veut pas rentrer dans le rang
Qu’est-ce qu’on fait, ça semble urgent ?

(04 septembre 2020)


– Excusez-moi Chantal,
Vous avez un masque sur l’oreille…
– Mince, qu’est-ce que j’ai fait de mon stylo ?!

(04 septembre 2020)


Une petite frappe
Chope un chaton dans un arbre
Et le lance de tout son haut
Pour lui faire faire l’hélico.

(03 septembre 2020)


J’aimerais savoir
Si l’un d’entre vous
A déjà fait tomber
Son masque dans les chiottes
Par le plus grand des hasards hein
C’est pour un article, merci.

(03 septembre 2020)


– Monsieur, vous n’avez pas de masque !
– Oui, mais ne voyez-vous pas que
J’ai un petit vélo dans la tête
Pédale dans la choucroute
Et puis fume la moquette
En cassant la croûte ?

(03 septembre 2020) 


Deux personnes
Sans masques
Dans une pièce
= rapport sexuel.

(02 septembre 2020)


La vie est courte
Long, le chemin
Mais vois l’amour
Entre tes mains.

(02 septembre 2020)


Lac aux naissances…

(01 septembre 2020)


Cachez cette bouche que je ne saurais voir
Sans une seconde penser
A mon propre esclavage.

(31 août 2020)


Cette impression de tirer une taffe
Dès que je retire mon masque…

(31 août 2020)


Je serai bien allé voir La Haine
A L’occasion de sa ressortie en salle
Parce que je l’ai jamais vu
Et que c’est un film générationnel
De ma génération
Quinze piges en quatre-vingt-quinze
Mais le voir avec un masque, no way
Ça me fout la haine.

(28 août 2020)


Apporte-moi
De la nourriture
En prison
Environs

Apporte-moi
Bleu lac
Parfumé d’elle
Le chant des déesses
Vagues

Une chanson
Qui justifia
Ma connexion
Sinbad

Bleu lac
Terre
Glaive
Horizon

Una chanson
Mon enfant
C’est tout

Porte-moi
Accomplissement
Des yeux.

(28 août 2020)


O capitale de sympathie
Pour la douleur qu’est Paris
Toi que beaucoup te quittent
Tu restes mon Styx favori… !

(27 août 2020)


Ce qui est bien avec Facebook
C’est que je n’ai plus besoin
D’appeler mes parents
Il savent que je suis
Toujours vivant.

(23 août 2020)


Je rêve que quelqu’un crée
Un Fight Club du cri.

(23 août 2020)


Un artiste qui ne crache pas dans la soupe
N’est pas un artiste
Utile à la société
Donc n’est pas.

(23 août 2020)


Dans chaque famille
Il y a un aspirateur
C’est le poète
Recrache

Dans chaque famille
Il y a un aspirateur
Qui s’est voulu tel
Aaaaaaaaa table.

(23 août 2020)


J’ai rêvé que
J’interviewais Sting
Au rayon frais du super
C’était cool, il vient de partir.

(23 août 2020)


Et si je le caresse
Comme une boule de cristal
Ce n’est pas pour y voir l’avenir
Mais qu’en cet instant ton visage
Condense et diffracte
Toute possibilité
De rien dire.

(22 août 2020)


L’été c’est
Regarder au loin comment les gens sont foutus
D’un regard David Asshole-off, ni vu ni connu
Même si la silhouette là-bas
N’est Pamela de Malibu.

(22 août 2020)


L’été c’est
Trouver la mer trop salée
Mais bon
On ne peux pas tout le temps boire
Du rosé.

(19 août 2020)


L’été c’est
Le verdict sans pareil
De la douche
Pour les coups de soleil.

(19 août 2020)


L’été
C’est ne rien faire
Mais le faire dans l’eau.

(19 août 2020)


Je suis peiné de ne pouvoir voir
Votre si beau sourire
Parce que les mesures de sécurité
Sanitaires l’exigent.

(18 août 2020)


Beaucoup de gens
Se sont demandés
Qui était la « Aline »
De Christophe
Je suis de cette génération
Qui s’est plutôt demandée
Qui était la « Caroline »
De Solaar.

(17 août 2020)


La vie est une salle d’attente
Où le docteur se fait attendre
Si tu crois bon d’attendre.

(13 août 2020)


La pluie écrit sur le bitume
Toute la rage contenue
Depuis des lunes.

(12 août 2020)


L’essence coûte chair
Mais l’essence tu l’as
C’est ton âme.

(12 août 2020)


Le silence des artistes
Sur l’endormissement
Actuel, passé, à venir
Artistes
De toute part
Démolissez-vous
Calme et attentif
Comme une grenouille
Dans une casserole
D’eau chaude
Hypnotique
Saute et
Fuite
Lève le couvercle
Qui a été posé
Sur les choses
« L’histoire est un Mississippi de mensonges »
Comme le disait, paraît-il, Voltaire
« Une suite de mensonges sur lesquels on est d’ac »
Comme le disait même Bonaparte
Et les fake news sont vieilles comme le monde
Peau dure et propagande de velours
Le coup d’aile du papillon est en toi
Crée la réalité du rêve
Que tu veux voir.

(12 août 2020)


Varlet
Lueurs

(11 août 2020)


A Jeff Buckley
J’ai toujours préféré
Jeff bâclé
Pas prêt
Débraillé
Même si toujours
Est un chouille
Abusé.

(08 août 2020)


C’est l’été
Allô ! Jetons
Nous à l’eau !
Il est temps
A nouveau
Voyons !
Il serait Bali
Balo de rester
Ainsi un sot
C’est l’été
Taïaut ! Partons
Tous en vrille let’s go !

(07 août 2020)


Quitte à être du monde des formes
Autant en prendre un peu
C’est sport.

(05 août 2020)


Tu ne me manques pas
Mais ça me fera plaisir de te voir
Est-ce que ça fait goujat
Ou on peut le dire à une femme ?

(05 août 2020)


KING KONG VIRGINIE : DESPENTES DOUCE ?

Je viens de lire
King Kong Theory
De Virginie Despentes

J’ai bien aimé
Je dis bien à dessein
Pour faire semblant

D’être un homme

King con
Descendant

Tout en en étant bien un
Et prêter ainsi le flanc
A ce qu’elle tance

Si bien

Et d’ailleurs
On pourra même
M’accuser de publier
Une photo d’elle où elle
Baisse les yeux et que c’est
Louche, vous ne trouvez pas ?

C’est juste que je la trouve belle
Deep et en connexion
Avec mon titre

Elle y dit des choses importantes
Dans ce livre paru en 2006
Intéressantes et bonnes
A dire et à entendre

Même si parfois je trouve
Qu’elle les dit maladroitement
Tant pis, c’est pas le propos en fait

Pas le sien du moins

Sale môme
Elle fait oeuvre
De boulet de canon

Sur oppression des femmes
Par le système patriarcal
Qui oppresse d’ailleurs
Aussi les hommes

Elle en dit des choses
Sur tout ça, le désir
Le viol, la censure
L’homosexualité
La prostitution
Les genres
L’industrie
Porno et
LE X

C’est son rôle

Mais ce faisant
Elle oublie deux choses

Ce faisant, c’est-à-dire
Construisant sa propre défense
Nombriliste sous couvert de pop-book
Destiné à l’émancipation des masses
Ce qu’il est aussi, dans le même
Geste, sans contradiction
Réelle si je puis dire

Faisant ça
Pour aider à
L’accouchement
De sa monstration
Et il faudrait d’ailleurs
En citer de larges extraits
Au lieu, ou en plus, de faire
Ce que je suis en train de faire

Faisant ça pour
Je suppose compenser
La mise à nu du récit de soi

Elle oublie deux choses

Je veux dire qu’il y a deux choses
Qu’elle ne veut, ou ne peut pas voir

Que dans le même temps
Qu’elle se livre elle se voile

Oui, son discours est le vêtement
Qui lui permet de se montrer nue
Si vous voyez ce que je veux dire

Il est tellement écrit à partir d’elle
Comme elle le dit dès le départ
Tellement assumé comme tel

Qu’il remplit sur-mesure ce rôle
D’épouser l’objectif qui est le sien
Et qui est fondamentalement double

Faire un livre qui se la pète en salopette
Parce qu’elle le vaut bien en tant qu’écrivain
Et qui enfonce autre chose qu’une portes ouverte
Parce que l’époque est prête, qu’elle en a bien besoin

Mais par là elle forge aussi un discours
Qui est son auto-justification en tank
Que Virginie Despentes à titre perso

Ça n’enlève rien, quoi que

Pour exprimer une idée
A un moment donné
Une idée plutôt
Qu’une autre

Il faut taire les autres idées
Mais les taire ne veut pas dire
Nier qu’elles sont là, leur intérêt

Despentes est aveuglé par sa propre violence
Sa violence à faire oeuvre et à raconter
Panser son histoire, sa souffrance

Envers et revers
D’une même chose

L’amour est sa violence
Je comprends totalement
Celui qui crée s’expose à ça
Mais la violence rend aveugle

Alors ça crée parfois de sacrés nids de poule
Dans son écriture et son argumentation
Despentes douces, Despentes dures
Et j’ai parfois eu envie de dire
Descendant de ma lecture
« Ouais, là t’abuses ! »

Il y a deux choses importantes
Et triviales que tu oublies dans ton discours
Deux choses qui le fragiliserait en deux secondes douze

D’où l’angle mort

A savoir que jusqu’à présent
Et jusqu’à preuve du contraire

Ce sont les femmes qui mettent les êtres au monde
Et que ceci induit une spécificité chez les femmes
Et que les hommes de leur côté, les hétéros
Je précise, ont cette spécificité d’aimer
Et de devoir aimer ce sexe duquel
Ils sont sortis, voilà c’est tout
Et je sais plus trop ce que
Je voulais dire par là
Bravo Virginia

Si on pouvait voir
Tous nos fantasmes
Tirer au clair nos désirs
C’est-à-dire nos barres
De tâche, l’historique
De nos navires

On pourrait tous
Nous mener
En bateau ou
En prison.

(5 août 2020)


Marcher avec pour seul boss
Le ciel au-dessus des bâtisses
Qui se découpe, imprenable carrosse
Comme le bleu dans les toiles de Matisse.

(5 août 2020)


Au parc
Où déjeune
La jeune force
De travail, lire
Les papillons
Entre mes
Doigts.

(4 août 2020)


Quelqu’un qui fait disparaître des cartes
Quand elles sont rouges et noires
On appelle ça un magicien
Quand elles sont bleues
Un voleur – Caroline.

(4 août 2020)


Crépuscule verdoyant
Une fourmi groseille
Sur ma cuisse

(4 août 2020)


On finira tous
A deux balles cinquante
Scrollé par des mains random
Dans quelques vieux bacs à soldes
Alors en attendant…

Let there be love.

(1er août 2020)


CU(N)T(E)

Ça m’est revenu, cette nuit
J’ai rêvé de Héloïse Letissier
Alias Christine & the Queens
Que je rencontrais à l’occasion
De la sortie de son nouveau
Disque pour le compte de
Philosophie Magazine

Elle venait se de faire opérer
Elle était d’ailleurs toute nue
Encore en culotte, et j’ai
Compris qu’elle venait
Enfin de changer
De sexe

Elle n’arrêtait d’ailleurs pas de jouer avec
Ce qu’elle n’avait plus, qui laissait un grand vide
D’avoir les mains là et elle m’a fait : « Regarde »
En étirant sa culotte orpheline, feu son slip

Et ça faisait en effet
Comme une poche kangourou
Un petit parachute, envolée
La grosse bite, le paquet

Si bien qu’on a parlé de ça
Et de je sais plus trop quoi

J’étais content
C’était intéressant
Et cette fois au moins
Philomag aurait son interview
Pas comme l’autre fois où ils avaient
Pas eu les couilles de me donner le feu vert
Parce qu’elle était pas encore vraiment connue

Sauf qu’avant de me lever
Pour céder la place
J’ai alors réalisé
Que je n’avais posé
Aucune des questions
Pour lesquelles j’étais venu.

(31 juillet 2020)


Bon anniversaire à toi
A la bourre je sais
Mais que serait
Le monde
Sans la bourre ?

(31 juillet 2020)


Imagine un monde où l’amour
Serait la condition sine qua none
Pour pouvoir faire l’amour

Fin.

(30 juillet 2020)


Élargissement du champ des possibles
Et des biceps pas possibles
Pour le reste
Quéquette.

(30 juillet 2020)


– Hey c’est beau ici, j’aime bien l’endroit

– Perso je préfère l’envers

 sans vouloir t’offenser hein.

(29 juillet 2020)


Le café
Ça fait chier
Quand y’en a
Et quand y’en
N’a pas.

6H11

Depuis le train où je suis assis
La gueule en biais, tranquille
J’observe avant de sombrer
L’Aurore dessiner un délicat
Liseret – bleu – blanc – rouge
Sur la campagne française.

#jecroisauxforcesdelesprit
#jenevousquitteraipas


« I Belong to you and you
You belong to #metoo« 

Je dois être un peu trop Hardy sur les bords
Hardy période « Message à caractère personnel »
C’est-à-dire Berger parce que ce n’est pas elle
Qui l’a composé c’est Michel, hé ouais
Je n’ai jamais trop compris
Le concept de « belonging »
Je ne me le suis jamais
Réellement approprié
Peut-être parce que
Je ne m’appartiens
Pas déjà assez
I still don’t
Belong
Here
?

#Jytravailleencore
#Jaimequandmemecettechanson

(21 juillet 2020)


A mon retour de vacances, cette année
Les pubs n’avaient pas changées.

(20 juillet 2020)


La solitude de celui qui attend l’être aimé

Peut être terrible

Celle de celui qui se sait dans l’amour

Est divine.

(20 juillet 2020)


Présentiel
En voilà un mot
Qui indique bien
Le désert de
Notre réel.

(20 juillet 2020)


A chaque génération
Sa propagande
De velours ou de fer
Puis rideau oui.

(20 juillet 2020)


L’été
C’est abandonner
Toute to do list
Pour se consacrer
À ce qui seul existe

Ce serait beau hein.

(19 juillet 2020)


L’ampleur de la tache est telle parfois
Que j’ai besoin de donner
Ma langue aux chat.t.e.s.

(19 juillet 2020)


Toi et moi
On formerait
Un si beau Kooples

Allez viens
Tu me prêtes ton vagin
Je te prête mon Popples.

(19 juillet 2020)


Mick Jagger va mourir
Et ça ne me fait
Ni chaud ni froid.

(18 juillet 2020)


Quand le rouleau de PQ
Joue à la roue de la fortune
Et te tourne en bourrique
A chercher le petit pli
Qui sait quand ça peut
Se terminer
Peut-être
Jamais.

(18 juillet 2020)


On dit que hors la ville
Il y a la nature tout ça
Mais il y a déjà moins
De natures humaines
Et je me nourris de ça.

(18 juillet 2020)


Qu’est-ce que tu veux
Faire pousser dans la vie ?

Il y a plusieurs vies dans une vie

Mais tu ne pourras pas tout faire
Qu’est-ce que tu veux faire d

Dans celle-ci ?

(17 juillet 2020)


L’été c’est partir avec des amis
Dont on chérit la compagnie

Quitte à ce qu’ensuite
Chacun fasse de vie

(16 juillet 2020)


On récolte
C’qu’on saigne
No pain, no gain.

(16 juillet 2020)


Seule subsiste
L’imagerie publicitaire
Au-delà le désert

Sourit
La ville
Soumise
Au schnell.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est se faire
De nouveaux potes
Et hop !

(15 juillet 2020)


Quand le temps s’accélère
Place aux chansons
Plus aux poèmes.

(15 juillet 2020)


L’été
Le papier peint
Multiplie les pains.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est regarder
Son ombre porter
Le chapeau
Etiré.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est parcourir la campagne française
Et penser, compréhensif comme étranger
Soi-même, à toutes les puissances
Qui veulent nous la prendre
Sans nous faire la guerre.

(14 juillet 2020)


L’été
Je ne vois pas plus loin
Que le bout de mon nez.

(13 juillet 2020)


En été
Je ne réfléchis pas plus loin
Que le bout de mon pied.

(13 juillet 2020)


J’ai saisi ce qu’on fait là
On apprend à aimer

Malgré tout

Et on n’y arrive pas
Toujours.

(11 juillet 2020)


– Assurez-vous de ne rien avoir oublié à bord

– Et j’oublie toujours quelques amours.

– Et je t’y ai oublié encore.

(11 juillet 2020)


Tout ce qu’on fait est thérapique
Tout ce qu’on est est sans limite
Alors ferme ta gueule
Et ouvre-là.

(11 juillet 2020)


Bon c’est pas tout ça
Mais Calo a sorti un nouveau single
Alors moi je tique.

(9 juillet 2020)


Il regardait le ciel
Quand il s’est fait
Renverser par elle

– L’essieu tu veux dire ?
– Mais non, abruti !

(9 juillet 2020)


Il porte plainte
Pour harcèlement
Contre son inspiration

Le con
Sénèque-moi
Ce n’est que moi !

(9 juillet 2020)


A chaque fois que je vois des montreuilloises
J’aimerais leur montrer Montreuil.

(8 juillet 2020)


Quand tu ne cherches pas à remplir le vide
Par une clope ou une fille
Tout t’arrive.

(8 juillet)


LA MENTALE

Si chaque jour est une perf
Bourrée de charge mentale
C’est que tu te prends pour un chef
On peut rien faire pour toi

Ah bah cet homme c’est toi
Abats cet homme c’est pas toi
Abats cet homme c’est toi
Ah bah cet homme c’est pas toi

*

Si chaque jour est une pute
Bardée d’objectifs à atteindre
C’est que tu te prends pour une mule
C’est normal que ça t’éreinte

Ah bah cette femme c’est toi
Abats cette femme c’est pas toi
Abats cette femme c’est toi
Ah bah cette femme c’est pas toi

*

Si chaque jour est une trêve
De plaisanterie, de confiserie
C’est que t’es devenu, pas de mystère
La petite bête que tu pensais fuir

Alors sors, sors mais pas vite
Vois ton sort, sort, ralentis
Pas trop fort, fort mon ami

(8 juillet 2020)


Le port du masque
Est obligatoire
Pour les gens qui parlent
Tout haut dans leur portable.

(7 juillet 2020)


INSERT COIN

J’ai tant de morts sur la conscience
Depuis que je cherche l’amour
Que j’ai décidé d’entamer
Une autre vie of course.

(7 juillet 2020)


Parfois rien que de voir le S de Superman
Et le YSL de Saint Laurent
J’ai l’impression qu’Il pense à moi
Et ça me touche, vraiment vraiment.

(7 juillet 2020)


La peine immarcescible du poème
Où la voix humaine vibre
Ce qu’elle a à dire.

(6 juillet 2020)


A 33 piges
Si t’as pas DéJà
Fait un burn-out
T’as raté ta life.

(6 juillet 2020)


C’était déjà dur d’avoir une touche dans le métro
Mais là avec le masque il faudrait être Zorro.

(6 juillet 2020)


La Terre est bleue
Comme une novlangue.

(6 juillet 2020)


Que roder d’autre que la road ?
Et rider d’autre que le doute
Chaque jour est un chemin je crois
Où ce sont les accidents qui font la route.

(6 juillet 2020)


McDo lance
Le Mc Domani
Revenez comme
Vous êtes mais
Pas comme
Vous étiez
Fuyez !

(5 juillet 2020)


Un bon chanteur moribond.

(4 juillet 2020)


Temps maussade
Deux de tension
Deep inside
Allons bon

Hein !

C’est pas grave
Toutes façons
J’ai chez moi
Ce bon bout

Qu’un !

(4 juillet 2020)


Le monde de l’illusion
Me pousse à être sa pute
Souvent je ne dis pas non
Et puis je me dis zut

Le monde de l’Esprit
Te voudrait tout pour lui
Pourquoi ne cèdes tu pas
A ses avances, ingrat ?

*

Le monde de l’illusion
Est une crucifixion
Mais il faut bien montrer l’exemple
Mourir pour les autres d’une mort lente

Le monde de l’Esprit
Ne connaissant que la vie
Ce serait de la triche
De n’œuvrer que pour lui

*

Le monde de l’illusion
A beau être ce qu’il est
Ce lieu d’haute trahison
Aussi beau que laid

Celui de l’Esprit
Ne se conquiert-il
Pas ici, au prix d’une lutte
Au cœur même des cellules ?

*

Le monde de l’illusion
Veut me voir à sa botte
Tandis que l’autre voyons
Me pousse à la porte

Bref, tous les deux
Me conduisent à ma perte
Car ils savent très bien eux
Qu’on ne sert pas deux maîtres.

(3 juillet 2020)


La question n’est pas
Combien de temps mets-tu
Pour aller au travail
Mais pour combien de temps encore
Vas-tu aller au travail ?

(3 juillet 2020)


Il n’y a rien qui peut test
La cabane imaginaire
Pas si imaginaire
D’un livre qui nous appelle
Pour nous et se faire.

(3 juillet 2020)


La gente féminine
Alliage chromé
Sortant de l’usine
Me fait rêver.

(2 juillet 2020)


Mon dieu
Je sais bien qu’il ne faut pas se laisser
Emballer par la beauté
Le monde des formes
Que ce n’est pas l’autre qui doit vous rendre heureux
Ce n’est pas l’autre qui vous rend heureux
Mais qu’est-ce qu’elle est belle
Mon dieu.

(2 juillet 2020)


Parfois la lune est pareille
A un nuage en plein jour
Sans pareille à la fois
Ce visage d’amour

Circulaire
Blanc
Em
Oi

Parfois la lune a des airs
De demak’up sans joue
Coton sans une trace
Dans le bleu autour

Circulaire
Blanc
Jud
As

Et parfois la tour
De ma cité la nuit
Défie le ciel étoilé
Que n’a pas Paris

Est-ce que les extraterrestres
Fument des clopes à leurs fenêtres ?

(2 juillet 2020)


Le dentiste hier à propos de ma couronne
– Allez, on y va Monsieur ?
– Oui, je crois que c’est l’heure de se la coller.

(1er juillet 2020)


En fait les femmes
Ne veulent plus être considérées
Comme des femmes

Elles veulent être considérées
Comme des êtres de lumières.

(1er juillet 2020)


Œil pour œil
Dent pour dent
Dans le deuil
Comme le
Soulage
Ment.

(1er juillet 2020) 


Si les portes de la perception étaient nettoyées
Nous verrions le monde tel qu’il est
Ce serait moins drôle, n’est-ce pas ?

(30 juin 2020)


Qui soulève le couvercle
Ne mange pas forcément le plat
Mais libère le fumet
Qui enchante toute la table

Libère l’enfant intérieur
Acceptes-en les moindres couleurs
Tu n’auras plus rien à soulever
Personne à échauder.

(30 juin 2020)


UN CHANTEUR

Un chanteur
C’est quelqu’un qu’est taré
Mais qui dit : « Je me soaaaaagne »

Quelqu’un qu’on a envie de croire
Qu’on a envie de voir chanter
Quelqu’un

Qui se croit parfois lui-même
Et kiffe se voir faire
Essayer

Un chanteur est un
Etre holistique
En chantier.

(29 juin 2020)


Acte terroriste
Se moucher
En public.

(29 juin 2020)


Les mauvais poètes
Lisent de la poésie
Les bons vivent
Leurre vie.

(28 juin 2020)


La haine de soi
N’existe pas
Mais la haine
De l’ego par l’ego
Oui.

(27 juin 2020)


En français arc-en-ciel n’est pas
Comme c’est le cas en anglais
Une sorte d’oxymore
Bilingue qui s’ignore.

(26 juin 2020)


Le plus dur
C’est de devoir composer
Avec le temps.

(26 juin 2020)


Plus on vieillit
Moins on supporte
La jouissance des autres
On aspire au repos.

(25 juin 2020)


J’ai vu un hélicoptère
Tomber à mes pieds
Il portait une fleur
En son sommet.

(24 juin 2020)


Se prendre pour Jésus
C’est se prendre pour
Je suis… Je suis…
What else ?

(23 juin 2020)


Gel hydroalcoolique
Montrez patte blanche
Et tirez pas sur la pianiste
C’est l’ambulance.

(23 juin 2020)


Eu égard
A leur rapport aux mots
Tous les hommes de plumes
Sont de grosses taffioles.

(23 juin 2020)


Un groupe
C’est un poème vivant
Il n’y en a pas tant.

(21 juin 2020)


A la fin seule reste
La météo comme compagnie
N’est-ce pas mamie ?

(21 juin 2020)


Hier c’était le Disquaire Day
J’en ai rien eu à foutre
Prout.

(21 juin 2020)


La peur est une insulte à la vie
Qui ne prête qu’aux riches
Vas-y

La vie est la guérisseuse
Amourdonne-toi
À elle.

(21 juin 2020)


Les idées suicidaires
Sont des odes à la vie
Qui dévient.

(20 juin 2020)


La conquête du territoire
Quand on est une étoile
C’est toute une affaire
Ça peut prendre
Des années-lumière !

(20 juin 2020)


On ne connait jamais vraiment quelqu’un
Si on l’assimile à ses pensées
Mais à l’amour oui.

(20 juin 2020)


Accepter l’autre
Son chemin de vie
Incarnation névrose
Ce n’est pas rien pardi.

(20 juin 2020)


Le vide effrayant
Un instant
Du téléphone qu’on a cru
Mais nan
Dans la poche disparu.


– On ne dit pas je vous aime à quelqu’un, on dit je vous aime à l’amour, disait Duras

– Oui, mais in fine il faut bien un(e) partenaire pour pouvoir siroter le breuvage.

(19 juin 2020)


Aimer se faire dépouiller
Pléonasme olé
Tant aimer c’est oser
Enlever, enlever
Toujours plus
Enlever.

(18 juin 2020)


Hier j’ai enfin écouté en intégralité Eden
L’album soit disant maudit, électro
Et maintenant adulé
Qu’Etienne Daho
A sorti en 96

Enfin j’ai essayé
Car au-delà du morceau d’intro
« Au commencement » et du tube en son centre
« Soudain » j’ai trouvé cela si creux, niais, pas inspiré
Voire vraiment neuneu que je n’ai rien pu écouter en entier.

Franchement, sérieux c’est ça pour vous un grand album ?
Il n’y a pas une once de grandes chansons dedans
Ni même de prouesses ou de vertiges
Mélodique et musical !

Nonobstant les deux titres suscités
Et hop deux mots couillon-stylés
Seule la photo de pochette
Est vraiment belle
Eden nada.

(17 juin 2020)


En tank hypersensible
Je connais pas la crise
J’ai pas d’ennui de vie active
Dès le départ débordé…

(17 juin 2020)


Aujourd’hui on m’a posé un lapin
Alors une heure durant
J’ai regardé les anges passer
Popotins.

(16 juin 2020)


Abandonner l’ego
Quand on est sans famille
N’est pas une mince affaire
Bien que cela délivre

Soulever des montagnes
Et marcher sur des œufs
Ne fais d’aucune guerre
Un événement heureux.

(16 juin 2020)