Carnet de notes 2

A force d’être attiré par le jeûne
Je me demande si je ne suis pas
Une cougar.

(27 septembre 2020)


Désir
Destin
Intestin
Un jour je louerai mon bide
Pour longs et boyaux sévices.

(27 septembre 2020)


Le problème des profs
C’est qu’ils n’ont pas
Un, deux, trois
Quatre gamins
Ils en ont 30 par classe
Alors comprends-moi
Je les plains.

(25 septembre 2020)


La raison cède place
Au ressenti
Et je me dis
C’est de bonne guerre.

(24 septembre 2020)


Ok, alors on a plus que trois jours à vivre
Et durant ces trois jours
Il va faire que pleuvoir
C’est ça le deal ?

(24 septembre 2020)


Si j’ai bien suivi, dès lundi
Les bars devront fermer à 22h
Dans 11 grandes villes classées
Zone rouge de notre cher pays
Bon alors maintenant
J’aimerais voir dans la rue
Tous ceux qui il y a cinq ans
Ont héroïquement clamé
Que boire son verre de
Rouge en terrasse
Était un acte
Militant.

(24 septembre 2020)


Hier je me faisais cette réflexion
Je travaille assis et je mange debout.

(23 septembre 2020)


Elever le niveau de jeu
C’est dire hello à dieu.

(22 septembre 2020)


Les vêtements sont des objets sexuels.

(20 septembre 2020)


Patti Smith il vaut mieux l’avoir en disque
Qu’au bout du fil car dès qu’elle parle
C’est festival d’images d’Épinal
De conneries et de poncifs
Propres à mouiller
Le frenchie
Patti, t’sais quoi ?
Rimbaud ça lui fait mal
D’entendre ça alors même
Dans son cercueil – s’il en a un
Ou alors au ciel ou quelques limbes
Il chante à tue-tête pour pas entendre ça !

(17 septembre 2020)


– Je connais des gens qui se sont mis à fumer rien que pour pouvoir l’enlever.
– Naaan, t’es sérrrieux ?!
– Nan, mais qui sait ? Ça pourrait être vrai.

(17 septembre 2020)


Je maîtrise
À la perfection
L’art de le porter
En boucle d’oreille

Et de le dégainer
En deux douze
Comme un
Faussaire.

#balancetonport

(14 septembre 2020)


Au dos d’un bouleau
Méditer
A bas le très haut
Gravité.

(13 septembre 2020)


Les ados sont la preuve vivante
Que l’âme précède le corps
Sauf qu’ils ne l’ont pas encore.

(11 septembre 2020)


Au sol les marrons
Me font de l’oeil
« Ramasse-moi »
« Non : moi ! »

(11 septembre 2020)


LA HAINE

Vu enfin La Haine avant hier
Pas pu m’empêcher tout le film
Durant de penser à ce qu’étaient
Respectivement devenus les trois
Principaux protagonistes à savoir

Vincent Cassel, le blanc, une resta bourgeoise
Said Taghmaoui, je ne sais pas trop quoi
Après avoir joué paraît-il son quota
Dixit une pote de rôles de
Reubeus en France
Et de terroristes
Aux Etats-Unis
Et Hubert Koundé
Nada apparemment

Sauf que non
C’est tout le contraire
Huber Kounde a continué
A jouer dans plein de films

De téléfilms, de pièces
De théâtre et qu’il a
Egalement réalisé
Et scénarisé
Trois films

Pas pu m’empêcher
Non plus de penser
Aux résidus de culture vintage
Issu des nineties et des seventies
Taxi Driver, la soul, le break
Qui parsèment le film
Et donc à la présence
Encore de passerelles
Ce dont est totalement
Dépourvu Les Misérables

Pas pu ne pas penser
A l’esthétisme
Au fait que pour Cassel
« le noir du cinéma français »
Comme le dira Aïssa Maïga
A la cérémonie 2020 des Césars
Cassel, le fils de bourges en vrai
Sans vouloir trop faire
Dans le lynchage
Ou le binaire
Le Sylvain Tesson
Du cinéma français
Comme je le pense
Au fait que pour lui
C’était devenu
Un passeport

Du cool de la violence
L’amour et la violence

Pas pu m’empêcher de penser
Au Bonheur des uns, le film
Pour lequel il est à l’écran
Actuellement en salles
Et qui a l’air à chier

Et à sa prise de position
Quelques jours plus tard
A propos du film Énorme
Pour laquelle il s’est
Fait tancer

Le 9 septembre 2020
Sur le plateau
Du Quotidien
De Yann Barthès
La chroniqueuse
Maïa Mazaurette
Rappelait que
« Dans la vraie vie
On n’a pas le droit
D’empêcher une femme
De disposer de son corps »

Parce qu’apparemment
Énorme parle de cela
Un mari qui piège sa femme
Pour qu’elle tombe enceinte
Car il veut absolument un enfant.

Et Cassel alors
L’acteur et l’homme
Sur le plateau
De C’est à vous
D’Anne-Élisabeth Lemoine
S’était insurgé
Contre cette sorte de censure
Et de procès de la fiction
Dont procède l’époque
Déplorant une forme
De radicalité et
De pensée
Unique

Et Mazaurette alors de Twitter
« Scoop : l’acteur principal de La Haine
Pense que le cinéma ne peut pas
Interroger le réel »

Comment ne pas penser
A la vache qui apparaît
En hallu à Cassel
Dans La Haine
Et que Cassel
Est je trouve
Quelque peu
Devenu ?

Comment ne pas penser
Qu’il incarne La Haine
Et génère la haine ?

Ne pas penser
A l’éternel retour
De cette phrase forte
Qui ponctue le début
Le milieu et la fin du film
Et qui me renvoyait au
« Petits enfants »
De Bashung

« L’important c’est pas la chute
C’est l’atterrissage ».

(10 septembre 2020)


Le secret en musique comme en tout
C’est de varier les plaisirs
Ceux qui n’écoutent
Que du rock
Iront en
Enfer

(10 septembre 2020)


Les profs qui sont au lycée
Se sentent toujours supérieur
À ceux qui sont au collège
Ça en dit long sur le niveau.

(09 septembre 2020)


Les enfants
C’est comme les femmes
Je préfère celles des autres.

(08 septembre 2020)


Vous voulez écrire
Mais vous avez des doutes ?
Abstenez-vous.

(08 septembre 2020)


Moisson de lune
Champ de silence
Où va soluble
Ta souvenance.

(08 septembre 2020)


Le réflexe du raciste c’est
« Ma souffrance d’abord. »

(07 septembre 2020)


Laisse pas traîner
Ton soleil de fils
Si tu veux pas
Qu’il glisse !

(07 septembre 2020)


Annie est partie
Tout le monde est corda
Quoi qu’on en ait dit
C’était une grande d’âme !

(05 septembre 2020)


Olala, là-bas
Une bouche en liberté, sergent
Grosse comme un cœur, saignant
Qui bat, veut pas rentrer dans le rang
Qu’est-ce qu’on fait, ça semble urgent ?

(04 septembre 2020)


– Excusez-moi Chantal,
Vous avez un masque sur l’oreille…
– Mince, qu’est-ce que j’ai fait de mon stylo ?!

(04 septembre 2020)


Une petite frappe
Chope un chaton dans un arbre
Et le lance de tout son haut
Pour lui faire faire l’hélico.

(03 septembre 2020)


J’aimerais savoir
Si l’un d’entre vous
A déjà fait tomber
Son masque dans les chiottes
Par le plus grand des hasards hein
C’est pour un article, merci.

(03 septembre 2020)


– Monsieur, vous n’avez pas de masque !
– Oui, mais ne voyez-vous pas que
J’ai un petit vélo dans la tête
Pédale dans la choucroute
Et puis fume la moquette
En cassant la croûte ?

(03 septembre 2020) 


Deux personnes
Sans masques
Dans une pièce
= rapport sexuel.

(02 septembre 2020)


La vie est courte
Long, le chemin
Mais vois l’amour
Entre tes mains.

(02 septembre 2020)


Lac aux naissances…

(01 septembre 2020)


Cachez cette bouche que je ne saurais voir
Sans une seconde penser
A mon propre esclavage.

(31 août 2020)


Cette impression de tirer une taffe
Dès que je retire mon masque…

(31 août 2020)


Je serai bien allé voir La Haine
A L’occasion de sa ressortie en salle
Parce que je l’ai jamais vu
Et que c’est un film générationnel
De ma génération
Quinze piges en quatre-vingt-quinze
Mais le voir avec un masque, no way
Ça me fout la haine.

(28 août 2020)


Apporte-moi
De la nourriture
En prison
Environs

Apporte-moi
Bleu lac
Parfumé d’elle
Le chant des déesses
Vagues

Une chanson
Qui justifia
Ma connexion
Sinbad

Bleu lac
Terre
Glaive
Horizon

Una chanson
Mon enfant
C’est tout

Porte-moi
Accomplissement
Des yeux.

(28 août 2020)


O capitale de sympathie
Pour la douleur qu’est Paris
Toi que beaucoup te quittent
Tu restes mon Styx favori… !

(27 août 2020)


Ce qui est bien avec Facebook
C’est que je n’ai plus besoin
D’appeler mes parents
Il savent que je suis
Toujours vivant.

(23 août 2020)


Je rêve que quelqu’un crée
Un Fight Club du cri.

(23 août 2020)


Un artiste qui ne crache pas dans la soupe
N’est pas un artiste
Utile à la société
Donc n’est pas.

(23 août 2020)


Dans chaque famille
Il y a un aspirateur
C’est le poète
Recrache

Dans chaque famille
Il y a un aspirateur
Qui s’est voulu tel
Aaaaaaaaa table.

(23 août 2020)


J’ai rêvé que
J’interviewais Sting
Au rayon frais du super
C’était cool, il vient de partir.

(23 août 2020)


Et si je le caresse
Comme une boule de cristal
Ce n’est pas pour y voir l’avenir
Mais qu’en cet instant ton visage
Condense et diffracte
Toute possibilité
De rien dire.

(22 août 2020)


L’été c’est
Regarder au loin comment les gens sont foutus
D’un regard David Asshole-off, ni vu ni connu
Même si la silhouette là-bas
N’est Pamela de Malibu.

(22 août 2020)


L’été c’est
Trouver la mer trop salée
Mais bon
On ne peux pas tout le temps boire
Du rosé.

(19 août 2020)


L’été c’est
Le verdict sans pareil
De la douche
Pour les coups de soleil.

(19 août 2020)


L’été
C’est ne rien faire
Mais le faire dans l’eau.

(19 août 2020)


Je suis peiné de ne pouvoir voir
Votre si beau sourire
Parce que les mesures de sécurité
Sanitaires l’exigent.

(18 août 2020)


Beaucoup de gens
Se sont demandés
Qui était la « Aline »
De Christophe
Je suis de cette génération
Qui s’est plutôt demandée
Qui était la « Caroline »
De Solaar.

(17 août 2020)


La vie est une salle d’attente
Où le docteur se fait attendre
Si tu crois bon d’attendre.

(13 août 2020)


La pluie écrit sur le bitume
Toute la rage contenue
Depuis des lunes.

(12 août 2020)


L’essence coûte chair
Mais l’essence tu l’as
C’est ton âme.

(12 août 2020)


Le silence des artistes
Sur l’endormissement
Actuel, passé, à venir
Artistes
De toute part
Démolissez-vous
Calme et attentif
Comme une grenouille
Dans une casserole
D’eau chaude
Hypnotique
Saute et
Fuite
Lève le couvercle
Qui a été posé
Sur les choses
« L’histoire est un Mississippi de mensonges »
Comme le disait, paraît-il, Voltaire
« Une suite de mensonges sur lesquels on est d’ac »
Comme le disait même Bonaparte
Et les fake news sont vieilles comme le monde
Peau dure et propagande de velours
Le coup d’aile du papillon est en toi
Crée la réalité du rêve
Que tu veux voir.

(12 août 2020)


Varlet
Lueurs

(11 août 2020)


A Jeff Buckley
J’ai toujours préféré
Jeff bâclé
Pas prêt
Débraillé
Même si toujours
Est un chouille
Abusé.

(08 août 2020)


C’est l’été
Allô ! Jetons
Nous à l’eau !
Il est temps
A nouveau
Voyons !
Il serait Bali
Balo de rester
Ainsi un sot
C’est l’été
Taïaut ! Partons
Tous en vrille let’s go !

(07 août 2020)


Quitte à être du monde des formes
Autant en prendre un peu
C’est sport.

(05 août 2020)


Tu ne me manques pas
Mais ça me fera plaisir de te voir
Est-ce que ça fait goujat
Ou on peut le dire à une femme ?

(05 août 2020)


KING KONG VIRGINIE : DESPENTES DOUCE ?

Je viens de lire
King Kong Theory
De Virginie Despentes

J’ai bien aimé
Je dis bien à dessein
Pour faire semblant

D’être un homme

King con
Descendant

Tout en en étant bien un
Et prêter ainsi le flanc
A ce qu’elle tance

Si bien

Et d’ailleurs
On pourra même
M’accuser de publier
Une photo d’elle où elle
Baisse les yeux et que c’est
Louche, vous ne trouvez pas ?

C’est juste que je la trouve belle
Deep et en connexion
Avec mon titre

Elle y dit des choses importantes
Dans ce livre paru en 2006
Intéressantes et bonnes
A dire et à entendre

Même si parfois je trouve
Qu’elle les dit maladroitement
Tant pis, c’est pas le propos en fait

Pas le sien du moins

Sale môme
Elle fait oeuvre
De boulet de canon

Sur oppression des femmes
Par le système patriarcal
Qui oppresse d’ailleurs
Aussi les hommes

Elle en dit des choses
Sur tout ça, le désir
Le viol, la censure
L’homosexualité
La prostitution
Les genres
L’industrie
Porno et
LE X

C’est son rôle

Mais ce faisant
Elle oublie deux choses

Ce faisant, c’est-à-dire
Construisant sa propre défense
Nombriliste sous couvert de pop-book
Destiné à l’émancipation des masses
Ce qu’il est aussi, dans le même
Geste, sans contradiction
Réelle si je puis dire

Faisant ça
Pour aider à
L’accouchement
De sa monstration
Et il faudrait d’ailleurs
En citer de larges extraits
Au lieu, ou en plus, de faire
Ce que je suis en train de faire

Faisant ça pour
Je suppose compenser
La mise à nu du récit de soi

Elle oublie deux choses

Je veux dire qu’il y a deux choses
Qu’elle ne veut, ou ne peut pas voir

Que dans le même temps
Qu’elle se livre elle se voile

Oui, son discours est le vêtement
Qui lui permet de se montrer nue
Si vous voyez ce que je veux dire

Il est tellement écrit à partir d’elle
Comme elle le dit dès le départ
Tellement assumé comme tel

Qu’il remplit sur-mesure ce rôle
D’épouser l’objectif qui est le sien
Et qui est fondamentalement double

Faire un livre qui se la pète en salopette
Parce qu’elle le vaut bien en tant qu’écrivain
Et qui enfonce autre chose qu’une portes ouverte
Parce que l’époque est prête, qu’elle en a bien besoin

Mais par là elle forge aussi un discours
Qui est son auto-justification en tank
Que Virginie Despentes à titre perso

Ça n’enlève rien, quoi que

Pour exprimer une idée
A un moment donné
Une idée plutôt
Qu’une autre

Il faut taire les autres idées
Mais les taire ne veut pas dire
Nier qu’elles sont là, leur intérêt

Despentes est aveuglé par sa propre violence
Sa violence à faire oeuvre et à raconter
Panser son histoire, sa souffrance

Envers et revers
D’une même chose

L’amour est sa violence
Je comprends totalement
Celui qui crée s’expose à ça
Mais la violence rend aveugle

Alors ça crée parfois de sacrés nids de poule
Dans son écriture et son argumentation
Despentes douces, Despentes dures
Et j’ai parfois eu envie de dire
Descendant de ma lecture
« Ouais, là t’abuses ! »

Il y a deux choses importantes
Et triviales que tu oublies dans ton discours
Deux choses qui le fragiliserait en deux secondes douze

D’où l’angle mort

A savoir que jusqu’à présent
Et jusqu’à preuve du contraire

Ce sont les femmes qui mettent les êtres au monde
Et que ceci induit une spécificité chez les femmes
Et que les hommes de leur côté, les hétéros
Je précise, ont cette spécificité d’aimer
Et de devoir aimer ce sexe duquel
Ils sont sortis, voilà c’est tout
Et je sais plus trop ce que
Je voulais dire par là
Bravo Virginia

Si on pouvait voir
Tous nos fantasmes
Tirer au clair nos désirs
C’est-à-dire nos barres
De tâche, l’historique
De nos navires

On pourrait tous
Nous mener
En bateau ou
En prison.

(5 août 2020)


Marcher avec pour seul boss
Le ciel au-dessus des bâtisses
Qui se découpe, imprenable carrosse
Comme le bleu dans les toiles de Matisse.

(5 août 2020)


Au parc
Où déjeune
La jeune force
De travail, lire
Les papillons
Entre mes
Doigts.

(4 août 2020)


Quelqu’un qui fait disparaître des cartes
Quand elles sont rouges et noires
On appelle ça un magicien
Quand elles sont bleues
Un voleur – Caroline.

(4 août 2020)


Crépuscule verdoyant
Une fourmi groseille
Sur ma cuisse

(4 août 2020)


On finira tous
A deux balles cinquante
Scrollé par des mains random
Dans quelques vieux bacs à soldes
Alors en attendant…

Let there be love.

(1er août 2020)


CU(N)T(E)

Ça m’est revenu, cette nuit
J’ai rêvé de Héloïse Letissier
Alias Christine & the Queens
Que je rencontrais à l’occasion
De la sortie de son nouveau
Disque pour le compte de
Philosophie Magazine

Elle venait se de faire opérer
Elle était d’ailleurs toute nue
Encore en culotte, et j’ai
Compris qu’elle venait
Enfin de changer
De sexe

Elle n’arrêtait d’ailleurs pas de jouer avec
Ce qu’elle n’avait plus, qui laissait un grand vide
D’avoir les mains là et elle m’a fait : « Regarde »
En étirant sa culotte orpheline, feu son slip

Et ça faisait en effet
Comme une poche kangourou
Un petit parachute, envolée
La grosse bite, le paquet

Si bien qu’on a parlé de ça
Et de je sais plus trop quoi

J’étais content
C’était intéressant
Et cette fois au moins
Philomag aurait son interview
Pas comme l’autre fois où ils avaient
Pas eu les couilles de me donner le feu vert
Parce qu’elle était pas encore vraiment connue

Sauf qu’avant de me lever
Pour céder la place
J’ai alors réalisé
Que je n’avais posé
Aucune des questions
Pour lesquelles j’étais venu.

(31 juillet 2020)


Bon anniversaire à toi
A la bourre je sais
Mais que serait
Le monde
Sans la bourre ?

(31 juillet 2020)


Imagine un monde où l’amour
Serait la condition sine qua none
Pour pouvoir faire l’amour

Fin.

(30 juillet 2020)


Élargissement du champ des possibles
Et des biceps pas possibles
Pour le reste
Quéquette.

(30 juillet 2020)


– Hey c’est beau ici, j’aime bien l’endroit

– Perso je préfère l’envers

 sans vouloir t’offenser hein.

(29 juillet 2020)


Le café
Ça fait chier
Quand y’en a
Et quand y’en
N’a pas.

6H11

Depuis le train où je suis assis
La gueule en biais, tranquille
J’observe avant de sombrer
L’Aurore dessiner un délicat
Liseret – bleu – blanc – rouge
Sur la campagne française.

#jecroisauxforcesdelesprit
#jenevousquitteraipas


« I Belong to you and you
You belong to #metoo« 

Je dois être un peu trop Hardy sur les bords
Hardy période « Message à caractère personnel »
C’est-à-dire Berger parce que ce n’est pas elle
Qui l’a composé c’est Michel, hé ouais
Je n’ai jamais trop compris
Le concept de « belonging »
Je ne me le suis jamais
Réellement approprié
Peut-être parce que
Je ne m’appartiens
Pas déjà assez
I still don’t
Belong
Here
?

#Jytravailleencore
#Jaimequandmemecettechanson

(21 juillet 2020)


A mon retour de vacances, cette année
Les pubs n’avaient pas changées.

(20 juillet 2020)


La solitude de celui qui attend l’être aimé

Peut être terrible

Celle de celui qui se sait dans l’amour

Est divine.

(20 juillet 2020)


Présentiel
En voilà un mot
Qui indique bien
Le désert de
Notre réel.

(20 juillet 2020)


A chaque génération
Sa propagande
De velours ou de fer
Puis rideau oui.

(20 juillet 2020)


L’été
C’est abandonner
Toute to do list
Pour se consacrer
À ce qui seul existe

Ce serait beau hein.

(19 juillet 2020)


L’ampleur de la tache est telle parfois
Que j’ai besoin de donner
Ma langue aux chat.t.e.s.

(19 juillet 2020)


Toi et moi
On formerait
Un si beau Kooples

Allez viens
Tu me prêtes ton vagin
Je te prête mon Popples.

(19 juillet 2020)


Mick Jagger va mourir
Et ça ne me fait
Ni chaud ni froid.

(18 juillet 2020)


Quand le rouleau de PQ
Joue à la roue de la fortune
Et te tourne en bourrique
A chercher le petit pli
Qui sait quand ça peut
Se terminer
Peut-être
Jamais.

(18 juillet 2020)


On dit que hors la ville
Il y a la nature tout ça
Mais il y a déjà moins
De natures humaines
Et je me nourris de ça.

(18 juillet 2020)


Qu’est-ce que tu veux
Faire pousser dans la vie ?

Il y a plusieurs vies dans une vie

Mais tu ne pourras pas tout faire
Qu’est-ce que tu veux faire d

Dans celle-ci ?

(17 juillet 2020)


L’été c’est partir avec des amis
Dont on chérit la compagnie

Quitte à ce qu’ensuite
Chacun fasse de vie

(16 juillet 2020)


On récolte
C’qu’on saigne
No pain, no gain.

(16 juillet 2020)


Seule subsiste
L’imagerie publicitaire
Au-delà le désert

Sourit
La ville
Soumise
Au schnell.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est se faire
De nouveaux potes
Et hop !

(15 juillet 2020)


Quand le temps s’accélère
Place aux chansons
Plus aux poèmes.

(15 juillet 2020)


L’été
Le papier peint
Multiplie les pains.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est regarder
Son ombre porter
Le chapeau
Etiré.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est parcourir la campagne française
Et penser, compréhensif comme étranger
Soi-même, à toutes les puissances
Qui veulent nous la prendre
Sans nous faire la guerre.

(14 juillet 2020)


L’été
Je ne vois pas plus loin
Que le bout de mon nez.

(13 juillet 2020)


En été
Je ne réfléchis pas plus loin
Que le bout de mon pied.

(13 juillet 2020)


J’ai saisi ce qu’on fait là
On apprend à aimer

Malgré tout

Et on n’y arrive pas
Toujours.

(11 juillet 2020)


– Assurez-vous de ne rien avoir oublié à bord

– Et j’oublie toujours quelques amours.

– Et je t’y ai oublié encore.

(11 juillet 2020)


Tout ce qu’on fait est thérapique
Tout ce qu’on est est sans limite
Alors ferme ta gueule
Et ouvre-là.

(11 juillet 2020)


Bon c’est pas tout ça
Mais Calo a sorti un nouveau single
Alors moi je tique.

(9 juillet 2020)


Il regardait le ciel
Quand il s’est fait
Renverser par elle

– L’essieu tu veux dire ?
– Mais non, abruti !

(9 juillet 2020)


Il porte plainte
Pour harcèlement
Contre son inspiration

Le con
Sénèque-moi
Ce n’est que moi !

(9 juillet 2020)


A chaque fois que je vois des montreuilloises
J’aimerais leur montrer Montreuil.

(8 juillet 2020)


Quand tu ne cherches pas à remplir le vide
Par une clope ou une fille
Tout t’arrive.

(8 juillet)


LA MENTALE

Si chaque jour est une perf
Bourrée de charge mentale
C’est que tu te prends pour un chef
On peut rien faire pour toi

Ah bah cet homme c’est toi
Abats cet homme c’est pas toi
Abats cet homme c’est toi
Ah bah cet homme c’est pas toi

*

Si chaque jour est une pute
Bardée d’objectifs à atteindre
C’est que tu te prends pour une mule
C’est normal que ça t’éreinte

Ah bah cette femme c’est toi
Abats cette femme c’est pas toi
Abats cette femme c’est toi
Ah bah cette femme c’est pas toi

*

Si chaque jour est une trêve
De plaisanterie, de confiserie
C’est que t’es devenu, pas de mystère
La petite bête que tu pensais fuir

Alors sors, sors mais pas vite
Vois ton sort, sort, ralentis
Pas trop fort, fort mon ami

(8 juillet 2020)


Le port du masque
Est obligatoire
Pour les gens qui parlent
Tout haut dans leur portable.

(7 juillet 2020)


INSERT COIN

J’ai tant de morts sur la conscience
Depuis que je cherche l’amour
Que j’ai décidé d’entamer
Une autre vie of course.

(7 juillet 2020)


Parfois rien que de voir le S de Superman
Et le YSL de Saint Laurent
J’ai l’impression qu’Il pense à moi
Et ça me touche, vraiment vraiment.

(7 juillet 2020)


La peine immarcescible du poème
Où la voix humaine vibre
Ce qu’elle a à dire.

(6 juillet 2020)


A 33 piges
Si t’as pas DéJà
Fait un burn-out
T’as raté ta life.

(6 juillet 2020)


C’était déjà dur d’avoir une touche dans le métro
Mais là avec le masque il faudrait être Zorro.

(6 juillet 2020)


La Terre est bleue
Comme une novlangue.

(6 juillet 2020)


Que roder d’autre que la road ?
Et rider d’autre que le doute
Chaque jour est un chemin je crois
Où ce sont les accidents qui font la route.

(6 juillet 2020)


McDo lance
Le Mc Domani
Revenez comme
Vous êtes mais
Pas comme
Vous étiez
Fuyez !

(5 juillet 2020)


Un bon chanteur moribond.

(4 juillet 2020)


Temps maussade
Deux de tension
Deep inside
Allons bon

Hein !

C’est pas grave
Toutes façons
J’ai chez moi
Ce bon bout

Qu’un !

(4 juillet 2020)


Le monde de l’illusion
Me pousse à être sa pute
Souvent je ne dis pas non
Et puis je me dis zut

Le monde de l’Esprit
Te voudrait tout pour lui
Pourquoi ne cèdes tu pas
A ses avances, ingrat ?

*

Le monde de l’illusion
Est une crucifixion
Mais il faut bien montrer l’exemple
Mourir pour les autres d’une mort lente

Le monde de l’Esprit
Ne connaissant que la vie
Ce serait de la triche
De n’œuvrer que pour lui

*

Le monde de l’illusion
A beau être ce qu’il est
Ce lieu d’haute trahison
Aussi beau que laid

Celui de l’Esprit
Ne se conquiert-il
Pas ici, au prix d’une lutte
Au cœur même des cellules ?

*

Le monde de l’illusion
Veut me voir à sa botte
Tandis que l’autre voyons
Me pousse à la porte

Bref, tous les deux
Me conduisent à ma perte
Car ils savent très bien eux
Qu’on ne sert pas deux maîtres.

(3 juillet 2020)


La question n’est pas
Combien de temps mets-tu
Pour aller au travail
Mais pour combien de temps encore
Vas-tu aller au travail ?

(3 juillet 2020)


Il n’y a rien qui peut test
La cabane imaginaire
Pas si imaginaire
D’un livre qui nous appelle
Pour nous et se faire.

(3 juillet 2020)


La gente féminine
Alliage chromé
Sortant de l’usine
Me fait rêver.

(2 juillet 2020)


Mon dieu
Je sais bien qu’il ne faut pas se laisser
Emballer par la beauté
Le monde des formes
Que ce n’est pas l’autre qui doit vous rendre heureux
Ce n’est pas l’autre qui vous rend heureux
Mais qu’est-ce qu’elle est belle
Mon dieu.

(2 juillet 2020)


Parfois la lune est pareille
A un nuage en plein jour
Sans pareille à la fois
Ce visage d’amour

Circulaire
Blanc
Em
Oi

Parfois la lune a des airs
De demak’up sans joue
Coton sans une trace
Dans le bleu autour

Circulaire
Blanc
Jud
As

Et parfois la tour
De ma cité la nuit
Défie le ciel étoilé
Que n’a pas Paris

Est-ce que les extraterrestres
Fument des clopes à leurs fenêtres ?

(2 juillet 2020)


Le dentiste hier à propos de ma couronne
– Allez, on y va Monsieur ?
– Oui, je crois que c’est l’heure de se la coller.

(1er juillet 2020)


En fait les femmes
Ne veulent plus être considérées
Comme des femmes

Elles veulent être considérées
Comme des êtres de lumières.

(1er juillet 2020)


Œil pour œil
Dent pour dent
Dans le deuil
Comme le
Soulage
Ment.

(1er juillet 2020) 


Si les portes de la perception étaient nettoyées
Nous verrions le monde tel qu’il est
Ce serait moins drôle, n’est-ce pas ?

(30 juin 2020)


Qui soulève le couvercle
Ne mange pas forcément le plat
Mais libère le fumet
Qui enchante toute la table

Libère l’enfant intérieur
Acceptes-en les moindres couleurs
Tu n’auras plus rien à soulever
Personne à échauder.

(30 juin 2020)


UN CHANTEUR

Un chanteur
C’est quelqu’un qu’est taré
Mais qui dit : « Je me soaaaaagne »

Quelqu’un qu’on a envie de croire
Qu’on a envie de voir chanter
Quelqu’un

Qui se croit parfois lui-même
Et kiffe se voir faire
Essayer

Un chanteur est un
Etre holistique
En chantier.

(29 juin 2020)


Acte terroriste
Se moucher
En public.

(29 juin 2020)


Les mauvais poètes
Lisent de la poésie
Les bons vivent
Leurre vie.

(28 juin 2020)


La haine de soi
N’existe pas
Mais la haine
De l’ego par l’ego
Oui.

(27 juin 2020)


En français arc-en-ciel n’est pas
Comme c’est le cas en anglais
Une sorte d’oxymore
Bilingue qui s’ignore.

(26 juin 2020)


Le plus dur
C’est de devoir composer
Avec le temps.

(26 juin 2020)


Plus on vieillit
Moins on supporte
La jouissance des autres
On aspire au repos.

(25 juin 2020)


J’ai vu un hélicoptère
Tomber à mes pieds
Il portait une fleur
En son sommet.

(24 juin 2020)


Se prendre pour Jésus
C’est se prendre pour
Je suis… Je suis…
What else ?

(23 juin 2020)


Gel hydroalcoolique
Montrez patte blanche
Et tirez pas sur la pianiste
C’est l’ambulance.

(23 juin 2020)


Eu égard
A leur rapport aux mots
Tous les hommes de plumes
Sont de grosses taffioles.

(23 juin 2020)


Un groupe
C’est un poème vivant
Il n’y en a pas tant.

(21 juin 2020)


A la fin seule reste
La météo comme compagnie
N’est-ce pas mamie ?

(21 juin 2020)


Hier c’était le Disquaire Day
J’en ai rien eu à foutre
Prout.

(21 juin 2020)


La peur est une insulte à la vie
Qui ne prête qu’aux riches
Vas-y

La vie est la guérisseuse
Amourdonne-toi
À elle.

(21 juin 2020)


Les idées suicidaires
Sont des odes à la vie
Qui dévient.

(20 juin 2020)


La conquête du territoire
Quand on est une étoile
C’est toute une affaire
Ça peut prendre
Des années-lumière !

(20 juin 2020)


On ne connait jamais vraiment quelqu’un
Si on l’assimile à ses pensées
Mais à l’amour oui.

(20 juin 2020)


Accepter l’autre
Son chemin de vie
Incarnation névrose
Ce n’est pas rien pardi.

(20 juin 2020)


Le vide effrayant
Un instant
Du téléphone qu’on a cru
Mais nan
Dans la poche disparu.


– On ne dit pas je vous aime à quelqu’un, on dit je vous aime à l’amour, disait Duras

– Oui, mais in fine il faut bien un(e) partenaire pour pouvoir siroter le breuvage.

(19 juin 2020)


Aimer se faire dépouiller
Pléonasme olé
Tant aimer c’est oser
Enlever, enlever
Toujours plus
Enlever.

(18 juin 2020)


Hier j’ai enfin écouté en intégralité Eden
L’album soit disant maudit, électro
Et maintenant adulé
Qu’Etienne Daho
A sorti en 96

Enfin j’ai essayé
Car au-delà du morceau d’intro
« Au commencement » et du tube en son centre
« Soudain » j’ai trouvé cela si creux, niais, pas inspiré
Voire vraiment neuneu que je n’ai rien pu écouter en entier.

Franchement, sérieux c’est ça pour vous un grand album ?
Il n’y a pas une once de grandes chansons dedans
Ni même de prouesses ou de vertiges
Mélodique et musical !

Nonobstant les deux titres suscités
Et hop deux mots couillon-stylés
Seule la photo de pochette
Est vraiment belle
Eden nada.

(17 juin 2020)


En tank hypersensible
Je connais pas la crise
J’ai pas d’ennui de vie active
Dès le départ débordé…

(17 juin 2020)


Aujourd’hui on m’a posé un lapin
Alors une heure durant
J’ai regardé les anges passer
Popotins.

(16 juin 2020)


Abandonner l’ego
Quand on est sans famille
N’est pas une mince affaire
Bien que cela délivre

Soulever des montagnes
Et marcher sur des œufs
Ne fais d’aucune guerre
Un événement heureux.

(16 juin 2020)