Carnet de notes 2

Si on pouvait voir
Tous nos fantasmes
Tirer au clair nos désirs
C’est-à-dire nos barres
De tâche, l’historique
De nos navires

On pourrait tous
Nous mener
En bateau ou
En prison.

(5 août 2020)


Marcher avec pour seul boss
Le ciel au-dessus des bâtisses
Qui se découpe, imprenable carrosse
Comme le bleu dans les toiles de Matisse.

(5 août 2020)


Au parc
Où déjeune
La jeune force
De travail, lire
Les papillons
Entre mes
Doigts.

(4 août 2020)


Quelqu’un qui fait disparaître des cartes
Quand elles sont rouges et noires
On appelle ça un magicien
Quand elles sont bleues
Un voleur – Caroline.

(4 août 2020)


Crépuscule verdoyant
Une fourmi groseille
Sur ma cuisse

(4 août 2020)


On finira tous
A deux balles cinquante
Scrollé par des mains random
Dans quelques vieux bacs à soldes
Alors en attendant…

Let there be love.

(1er août 2020)


CU(N)T(E)

Ça m’est revenu, cette nuit
J’ai rêvé de Héloïse Letissier
Alias Christine & the Queens
Que je rencontrais à l’occasion
De la sortie de son nouveau
Disque pour le compte de
Philosophie Magazine

Elle venait se de faire opérer
Elle était d’ailleurs toute nue
Encore en culotte, et j’ai
Compris qu’elle venait
Enfin de changer
De sexe

Elle n’arrêtait d’ailleurs pas de jouer avec
Ce qu’elle n’avait plus, qui laissait un grand vide
D’avoir les mains là et elle m’a fait : « Regarde »
En étirant sa culotte orpheline, feu son slip

Et ça faisait en effet
Comme une poche kangourou
Un petit parachute, envolée
La grosse bite, le paquet

Si bien qu’on a parlé de ça
Et de je sais plus trop quoi

J’étais content
C’était intéressant
Et cette fois au moins
Philomag aurait son interview
Pas comme l’autre fois où ils avaient
Pas eu les couilles de me donner le feu vert
Parce qu’elle était pas encore vraiment connue

Sauf qu’avant de me lever
Pour céder la place
J’ai alors réalisé
Que je n’avais posé
Aucune des questions
Pour lesquelles j’étais venu.

(31 juillet 2020)


Bon anniversaire à toi
A la bourre je sais
Mais que serait
Le monde
Sans la bourre ?

(31 juillet 2020)


Imagine un monde où l’amour
Serait la condition sine qua none
Pour pouvoir faire l’amour

Fin.

(30 juillet 2020)


Élargissement du champ des possibles
Et des biceps pas possibles
Pour le reste
Quéquette.

(30 juillet 2020)


– Hey c’est beau ici, j’aime bien l’endroit

– Perso je préfère l’envers

 sans vouloir t’offenser hein.

(29 juillet 2020)


Le café
Ça fait chier
Quand y’en a
Et quand y’en
N’a pas.

6H11

Depuis le train où je suis assis
La gueule en biais, tranquille
J’observe avant de sombrer
L’Aurore dessiner un délicat
Liseret – bleu – blanc – rouge
Sur la campagne française.

#jecroisauxforcesdelesprit
#jenevousquitteraipas


« I Belong to you and you
You belong to #metoo« 

Je dois être un peu trop Hardy sur les bords
Hardy période « Message à caractère personnel »
C’est-à-dire Berger parce que ce n’est pas elle
Qui l’a composé c’est Michel, hé ouais
Je n’ai jamais trop compris
Le concept de « belonging »
Je ne me le suis jamais
Réellement approprié
Peut-être parce que
Je ne m’appartiens
Pas déjà assez
I still don’t
Belong
Here
?

#Jytravailleencore
#Jaimequandmemecettechanson

(21 juillet 2020)


A mon retour de vacances, cette année
Les pubs n’avaient pas changées.

(20 juillet 2020)


La solitude de celui qui attend l’être aimé

Peut être terrible

Celle de celui qui se sait dans l’amour

Est divine.

(20 juillet 2020)


Présentiel
En voilà un mot
Qui indique bien
Le désert de
Notre réel.

(20 juillet 2020)


A chaque génération
Sa propagande
De velours ou de fer
Puis rideau oui.

(20 juillet 2020)


L’été
C’est abandonner
Toute to do list
Pour se consacrer
À ce qui seul existe

Ce serait beau hein.

(19 juillet 2020)


L’ampleur de la tache est telle parfois
Que j’ai besoin de donner
Ma langue aux chat.t.e.s.

(19 juillet 2020)


Toi et moi
On formerait
Un si beau Kooples

Allez viens
Tu me prêtes ton vagin
Je te prête mon Popples.

(19 juillet 2020)


Mick Jagger va mourir
Et ça ne me fait
Ni chaud ni froid.

(18 juillet 2020)


Quand le rouleau de PQ
Joue à la roue de la fortune
Et te tourne en bourrique
A chercher le petit pli
Qui sait quand ça peut
Se terminer
Peut-être
Jamais.

(18 juillet 2020)


On dit que hors la ville
Il y a la nature tout ça
Mais il y a déjà moins
De natures humaines
Et je me nourris de ça.

(18 juillet 2020)


Qu’est-ce que tu veux
Faire pousser dans la vie ?

Il y a plusieurs vies dans une vie

Mais tu ne pourras pas tout faire
Qu’est-ce que tu veux faire d

Dans celle-ci ?

(17 juillet 2020)


L’été c’est partir avec des amis
Dont on chérit la compagnie

Quitte à ce qu’ensuite
Chacun fasse de vie

(16 juillet 2020)


On récolte
C’qu’on saigne
No pain, no gain.

(16 juillet 2020)


Seule subsiste
L’imagerie publicitaire
Au-delà le désert

Sourit
La ville
Soumise
Au schnell.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est se faire
De nouveaux potes
Et hop !

(15 juillet 2020)


Quand le temps s’accélère
Place aux chansons
Plus aux poèmes.

(15 juillet 2020)


L’été
Le papier peint
Multiplie les pains.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est regarder
Son ombre porter
Le chapeau
Etiré.

(15 juillet 2020)


L’été
C’est parcourir la campagne française
Et penser, compréhensif comme étranger
Soi-même, à toutes les puissances
Qui veulent nous la prendre
Sans nous faire la guerre.

(14 juillet 2020)


L’été
Je ne vois pas plus loin
Que le bout de mon nez.

(13 juillet 2020)


En été
Je ne réfléchis pas plus loin
Que le bout de mon pied.

(13 juillet 2020)


J’ai saisi ce qu’on fait là
On apprend à aimer

Malgré tout

Et on n’y arrive pas
Toujours.

(11 juillet 2020)


– Assurez-vous de ne rien avoir oublié à bord

– Et j’oublie toujours quelques amours.

– Et je t’y ai oublié encore.

(11 juillet 2020)


Tout ce qu’on fait est thérapique
Tout ce qu’on est est sans limite
Alors ferme ta gueule
Et ouvre-là.

(11 juillet 2020)


Bon c’est pas tout ça
Mais Calo a sorti un nouveau single
Alors moi je tique.

(9 juillet 2020)


Il regardait le ciel
Quand il s’est fait
Renverser par elle

– L’essieu tu veux dire ?
– Mais non, abruti !

(9 juillet 2020)


Il porte plainte
Pour harcèlement
Contre son inspiration

Le con
Sénèque-moi
Ce n’est que moi !

(9 juillet 2020)


A chaque fois que je vois des montreuilloises
J’aimerais leur montrer Montreuil.

(8 juillet 2020)


Quand tu ne cherches pas à remplir le vide
Par une clope ou une fille
Tout t’arrive.

(8 juillet)


LA MENTALE

Si chaque jour est une perf
Bourrée de charge mentale
C’est que tu te prends pour un chef
On peut rien faire pour toi

Ah bah cet homme c’est toi
Abats cet homme c’est pas toi
Abats cet homme c’est toi
Ah bah cet homme c’est pas toi

*

Si chaque jour est une pute
Bardée d’objectifs à atteindre
C’est que tu te prends pour une mule
C’est normal que ça t’éreinte

Ah bah cette femme c’est toi
Abats cette femme c’est pas toi
Abats cette femme c’est toi
Ah bah cette femme c’est pas toi

*

Si chaque jour est une trêve
De plaisanterie, de confiserie
C’est que t’es devenu, pas de mystère
La petite bête que tu pensais fuir

Alors sors, sors mais pas vite
Vois ton sort, sort, ralentis
Pas trop fort, fort mon ami

(8 juillet 2020)


Le port du masque
Est obligatoire
Pour les gens qui parlent
Tout haut dans leur portable.

(7 juillet 2020)


INSERT COIN

J’ai tant de morts sur la conscience
Depuis que je cherche l’amour
Que j’ai décidé d’entamer
Une autre vie of course.

(7 juillet 2020)


Parfois rien que de voir le S de Superman
Et le YSL de Saint Laurent
J’ai l’impression qu’Il pense à moi
Et ça me touche, vraiment vraiment.

(7 juillet 2020)


La peine immarcescible du poème
Où la voix humaine vibre
Ce qu’elle a à dire.

(6 juillet 2020)


A 33 piges
Si t’as pas DéJà
Fait un burn-out
T’as raté ta life.

(6 juillet 2020)


C’était déjà dur d’avoir une touche dans le métro
Mais là avec le masque il faudrait être Zorro.

(6 juillet 2020)


La Terre est bleue
Comme une novlangue.

(6 juillet 2020)


Que roder d’autre que la road ?
Et rider d’autre que le doute
Chaque jour est un chemin je crois
Où ce sont les accidents qui font la route.

(6 juillet 2020)


McDo lance
Le Mc Domani
Revenez comme
Vous êtes mais
Pas comme
Vous étiez
Fuyez !

(5 juillet 2020)


Un bon chanteur moribond.

(4 juillet 2020)


Temps maussade
Deux de tension
Deep inside
Allons bon

Hein !

C’est pas grave
Toutes façons
J’ai chez moi
Ce bon bout

Qu’un !

(4 juillet 2020)


Le monde de l’illusion
Me pousse à être sa pute
Souvent je ne dis pas non
Et puis je me dis zut

Le monde de l’Esprit
Te voudrait tout pour lui
Pourquoi ne cèdes tu pas
A ses avances, ingrat ?

*

Le monde de l’illusion
Est une crucifixion
Mais il faut bien montrer l’exemple
Mourir pour les autres d’une mort lente

Le monde de l’Esprit
Ne connaissant que la vie
Ce serait de la triche
De n’œuvrer que pour lui

*

Le monde de l’illusion
A beau être ce qu’il est
Ce lieu d’haute trahison
Aussi beau que laid

Celui de l’Esprit
Ne se conquiert-il
Pas ici, au prix d’une lutte
Au cœur même des cellules ?

*

Le monde de l’illusion
Veut me voir à sa botte
Tandis que l’autre voyons
Me pousse à la porte

Bref, tous les deux
Me conduisent à ma perte
Car ils savent très bien eux
Qu’on ne sert pas deux maîtres.

(3 juillet 2020)


La question n’est pas
Combien de temps mets-tu
Pour aller au travail
Mais pour combien de temps encore
Vas-tu aller au travail ?

(3 juillet 2020)


Il n’y a rien qui peut test
La cabane imaginaire
Pas si imaginaire
D’un livre qui nous appelle
Pour nous et se faire.

(3 juillet 2020)


La gente féminine
Alliage chromé
Sortant de l’usine
Me fait rêver.

(2 juillet 2020)


Mon dieu
Je sais bien qu’il ne faut pas se laisser
Emballer par la beauté
Le monde des formes
Que ce n’est pas l’autre qui doit vous rendre heureux
Ce n’est pas l’autre qui vous rend heureux
Mais qu’est-ce qu’elle est belle
Mon dieu.

(2 juillet 2020)


Parfois la lune est pareille
A un nuage en plein jour
Sans pareille à la fois
Ce visage d’amour

Circulaire
Blanc
Em
Oi

Parfois la lune a des airs
De demak’up sans joue
Coton sans une trace
Dans le bleu autour

Circulaire
Blanc
Jud
As

Et parfois la tour
De ma cité la nuit
Défie le ciel étoilé
Que n’a pas Paris

Est-ce que les extraterrestres
Fument des clopes à leurs fenêtres ?

(2 juillet 2020)


Le dentiste hier à propos de ma couronne
– Allez, on y va Monsieur ?
– Oui, je crois que c’est l’heure de se la coller.

(1er juillet 2020)


En fait les femmes
Ne veulent plus être considérées
Comme des femmes

Elles veulent être considérées
Comme des êtres de lumières.

(1er juillet 2020)


Œil pour œil
Dent pour dent
Dans le deuil
Comme le
Soulage
Ment.

(1er juillet 2020) 


Si les portes de la perception étaient nettoyées
Nous verrions le monde tel qu’il est
Ce serait moins drôle, n’est-ce pas ?

(30 juin 2020)


Qui soulève le couvercle
Ne mange pas forcément le plat
Mais libère le fumet
Qui enchante toute la table

Libère l’enfant intérieur
Acceptes-en les moindres couleurs
Tu n’auras plus rien à soulever
Personne à échauder.

(30 juin 2020)


UN CHANTEUR

Un chanteur
C’est quelqu’un qu’est taré
Mais qui dit : « Je me soaaaaagne »

Quelqu’un qu’on a envie de croire
Qu’on a envie de voir chanter
Quelqu’un

Qui se croit parfois lui-même
Et kiffe se voir faire
Essayer

Un chanteur est un
Etre holistique
En chantier.

(29 juin 2020)


Acte terroriste
Se moucher
En public.

(29 juin 2020)


Les mauvais poètes
Lisent de la poésie
Les bons vivent
Leurre vie.

(28 juin 2020)


La haine de soi
N’existe pas
Mais la haine
De l’ego par l’ego
Oui.

(27 juin 2020)


En français arc-en-ciel n’est pas
Comme c’est le cas en anglais
Une sorte d’oxymore
Bilingue qui s’ignore.

(26 juin 2020)


Le plus dur
C’est de devoir composer
Avec le temps.

(26 juin 2020)


Plus on vieillit
Moins on supporte
La jouissance des autres
On aspire au repos.

(25 juin 2020)


J’ai vu un hélicoptère
Tomber à mes pieds
Il portait une fleur
En son sommet.

(24 juin 2020)


Se prendre pour Jésus
C’est se prendre pour
Je suis… Je suis…
What else ?

(23 juin 2020)


Gel hydroalcoolique
Montrez patte blanche
Et tirez pas sur la pianiste
C’est l’ambulance.

(23 juin 2020)


Eu égard
A leur rapport aux mots
Tous les hommes de plumes
Sont de grosses taffioles.

(23 juin 2020)


Un groupe
C’est un poème vivant
Il n’y en a pas tant.

(21 juin 2020)


A la fin seule reste
La météo comme compagnie
N’est-ce pas mamie ?

(21 juin 2020)


Hier c’était le Disquaire Day
J’en ai rien eu à foutre
Prout.

(21 juin 2020)


La peur est une insulte à la vie
Qui ne prête qu’aux riches
Vas-y

La vie est la guérisseuse
Amourdonne-toi
À elle.

(21 juin 2020)


Les idées suicidaires
Sont des odes à la vie
Qui dévient.

(20 juin 2020)


La conquête du territoire
Quand on est une étoile
C’est toute une affaire
Ça peut prendre
Des années-lumière !

(20 juin 2020)


On ne connait jamais vraiment quelqu’un
Si on l’assimile à ses pensées
Mais à l’amour oui.

(20 juin 2020)


Accepter l’autre
Son chemin de vie
Incarnation névrose
Ce n’est pas rien pardi.

(20 juin 2020)


Le vide effrayant
Un instant
Du téléphone qu’on a cru
Mais nan
Dans la poche disparu.


– On ne dit pas je vous aime à quelqu’un, on dit je vous aime à l’amour, disait Duras

– Oui, mais in fine il faut bien un(e) partenaire pour pouvoir siroter le breuvage.

(19 juin 2020)


Aimer se faire dépouiller
Pléonasme olé
Tant aimer c’est oser
Enlever, enlever
Toujours plus
Enlever.

(18 juin 2020)


Hier j’ai enfin écouté en intégralité Eden
L’album soit disant maudit, électro
Et maintenant adulé
Qu’Etienne Daho
A sorti en 96

Enfin j’ai essayé
Car au-delà du morceau d’intro
« Au commencement » et du tube en son centre
« Soudain » j’ai trouvé cela si creux, niais, pas inspiré
Voire vraiment neuneu que je n’ai rien pu écouter en entier.

Franchement, sérieux c’est ça pour vous un grand album ?
Il n’y a pas une once de grandes chansons dedans
Ni même de prouesses ou de vertiges
Mélodique et musical !

Nonobstant les deux titres suscités
Et hop deux mots couillon-stylés
Seule la photo de pochette
Est vraiment belle
Eden nada.

(17 juin 2020)


En tank hypersensible
Je connais pas la crise
J’ai pas d’ennui de vie active
Dès le départ débordé…

(17 juin 2020)


Aujourd’hui on m’a posé un lapin
Alors une heure durant
J’ai regardé les anges passer
Popotins.

(16 juin 2020)


Abandonner l’ego
Quand on est sans famille
N’est pas une mince affaire
Bien que cela délivre

Soulever des montagnes
Et marcher sur des œufs
Ne fais d’aucune guerre
Un événement heureux.

(16 juin 2020)