Carnet de notes

L’été c’est se maquer avec un livre
Contre un arbre
Regarder les champs de blé ivres
Qui divaguent.

(27 juillet 2018)


J’entrais dans un cimetière de la taille d’une chambre. J’y avais vu briller depuis le salon quelques tombes rosâtres à la lueur des persiennes. Le soleil triomphait. Les angles des pierres luisaient avec une certaine indécence, hypnotique, telles des fleurs parfumées et j’avais pénétré là avec l’idée quelque peu normale et saugrenue d’immortaliser ça. Armé de mon smartphone, je foulais donc de mes chaussures l’espace austèrement doux de la chambre, cette chambre cimetière où des stèles tenaient lieu de matelas. L’instant d’après – masques de Myazaki – des esprits se vengeaient dans le salon.

(27 juillet 2018)


Sortie de métro. Porte de Clichy. Elle, très belle, jeune, brune, grands yeux pétulants et boucles en cascades. D’origine marocaine, peut-être. Quelque chose comme ça. D’une beauté de noisette et d’amandes entières. Incommensurable. Elle lit L’Amour de Marguerite Duras. Je me hasarde.

– Il est beau ce livre.
– Ah oui ? Je viens juste de le commencer.
– Je l’ai lu il n’y a pas longtemps. La même édition que vous.
– Ah oui, elle est belle. Même le livre est beau, en lui-même. Et vous, vous lisiez quoi ?
– Bouddha. Bonne soirée !
– Au revoir !

Elle a eu la meilleure part de ma personne : personne.

(22 juillet 2018)


– Tu ne veux pas l’amour, tu veux une expérience d’amour
– Oui, avec du poil autour (en vous remerciant, Venus in furs)

(22 juillet 2018)


La politique c’est comme le tri des déchets
On te fait croire que tu peux choisir, avoir un impact
Et puis en fait, derrière, on reverse tout dans le même bac

D’où l’intérêt de limiter soi-même
Sa consommation de déchets
Si tu vois c’que je veux dire.

(22 juillet 2018)


Le rock à venir ne sera ni chrétien ni satanique ou ne sera pas !

(22 juillet 2018)


Tout est parfait 
Dans le plan divin
Même quand quelqu’un
Tire la nappe soudain.

(21 juillet 2018)


Et c’est parti mon kiki
Pour la poésie en culotte courte
Telle qu’elle se pratique sur Facebook

Un poète sachant péter
Vivra longtemps
En société.

(20 juillet 2018)


Rebel without a cause
Niggers with attitude
Quand est-ce qu’on s’en cause
Du lieu, de la formule ?

Qu’on fait tomber les poses
Bonheur qu’aucun n’élude
Cosmos d’une seule osmose
Il faut que l’esprit exulte

We all can be heroes
Tulipe d’une multitude
Alors magiciens d’ose
Tirons ce qu’on doit du culte !

(20 juillet 2018)


Je ne veux plus être
Cet homme que je ne suis pas
Mais juste la lumière
Qui fait danser mes pas

(20 juillet 2018)


On est tous 
Au final.

#HowWonderfulLifeIsWhenYouReInTheWorld

(20 juillet 2018)


L’amour
Ce syncrétisme
Entre l’homme et la femme.

(20 juillet 2018)


Ce matin je me suis levé
De bonne heure et d’amour
J’ai été réveillé par L’.

#MorningGloryMyLove

(20 juillet 2018)


Prépare-toi à rencontrer
Ton dieu, ton dû
L’amour la protège de toute souillure
Prépare-toi à rencontrer
Ton dieu, et nu
Tomber amoureusement éperdu

(20 juillet 2018)


She walks with the light
Of her hair shinning bright
Like the flame of my heart.

(20 juillet 2018)


– Chaque selfie qui se fait se fait avec le Christ
– Amen.

#tafraise
#magueule
#tagadachabada

(20 juillet 2018)


– Tu serais pas un asperger qui s’ignore
Un brin autiste synesthésique sur les bords ?

– C’est mon côté vagin, je balance mon porc.

(20 juillet 2018)


Les gens qui lisent 
Des livres de développement personnel
Avec des écouteurs dans les oreilles.

(19 juillet 2018)


– Il faut construire du dur
Pour faire tomber les murs.

– Euh t’es sûr ?

(19 juillet 2018)


I dreamt I had a baby
Growing magically
Upon my belly.

(19 juillet 2018)


Si tout homme
Est un symptôme
Et tout symptôme
Un saint homme

Quand est-ce qu’on s’encule ?

#çafaitdubienlàoùçafaitmal

(18 juillet 2018)


Il n’y a pas de lézards
Queue des chemins qui serpentent
Leur poussière d’étoile
Soufflée depuis la nuit des temps

(18 juillet 2018)


Parfois j’aime tellement mon lit
Que j’ai l’impression d’un délit
Entre lui & moi

#Epeda


Vaincre
La dualité
Enracinée
Commune
Insulte
Qui a
Germé

La dualité
Commune
Aimant
Admise
Commune
Fougère
Une sick
Actrice

(18 juillet 2018)


Je réfléchis à voix haute
En chair et en os ///////////
Embarque parfois d’autres
Dans mon beau carrosse

((((((sorry d’avance))))))

(18 juillet 2018)


Apparemment
C’est pas donné à tout le monde
D’élever le niveau de je.

(17 juillet 2018)


Le moi est un château Descartes
Je suis donc je Croate.

(16 juillet 2018)


« Be here now »
Disent les abeilles
Comme deZz étoiles
Éperdues en plein ciel.

(14 juillet 2018)


L’été 
Tuba des records d’apnée dans le métro
Rentre faire l’amour au ventilo.

(12 juillet 2018)


Le poète
Est un indien
L’oreille coupée
Sur la voie ferrée.

#Traindavance

(12 juillet 2018)


Le monde allant vers
L’espace tend à se perdre.

(12 juillet 2018)


Elle était menue à volonté
Petite puce jamais rassasiée.

(12 juillet 2018)


Qui t’enlève l’épine du pied
Veut parfois te la mettre dans le cul.

(12 juillet 2018)


Oh, ça vient de me revenir. Cette nuit j’ai fantasmé l’existence d’un morceau de Christophe. J’entendais le truc chez quelqu’un. Ça m’évoquait vaguement quelque chose mais je ne savais pas qui c’était. C’était assez parlé, en français, d’une modernité folle. Un peu rétro-futuriste. Alors j’ai cherché la pochette des yeux et j’ai vu que c’était celle des Mots Bleus.

Sauf que c’était de moi
Enfin de l’autre sans moi
Aucun souvenir de l’air
Comme des paroles
Dommage quoi
Que lâcher
Pise

(11 juillet 2018)


L’été c’est
Avaler ou pas
Ce gros truc salé
Et flasque.

(11 juillet 2018)


La terre s’ouvre
Sang et eau
La terre souffre
Cendre, raison
Ses beaux rayons
Que faire de cette passion ?

(10 juillet 2018)


Exploring life & feelings
Exploring life & feelings
Exploring life’s true feeling

(10 juillet 2018)


L’été c’est
Avoir la tête sous l’eau
Dans les étoiles
Carré bleu sur fond bleu
Taboulé rasade.

(9 juillet 2018)


Le soleil donne
Goudron chaud
Tarte aux pommes
Leonardo.

(6 juillet 2018)


Ne crois pas tout ce qu’on te dit
Les voies du seigneur sont pénétrables
Qu’elles ne le soient pas
C’est un vilain mensonge 
Qu’on tend à te faire croire
Pour t’affaiblir
Au fond de toi tu sais
Même si le mot seigneur ne te parle pas
Comme moi il ne me parle pas
Que ces voies-là derrière l’image
Existent, sont pénétrables
Lèves-toi
La vie
C’est
Tout à fait ce que tu crois.

(6 juillet 2018)


Il n’y a rien à attendre
Tout à vivre

(6 juillet 2018)


Parfois ici-bas
Les âmes convolent
Comme si on était déjà
Dans de beaux draps.

#PicNicTime

(6 juillet 2018)


L’argent c’est comme les gens
Une forme d’abondance
Qui peut se retourner contre toi.

(6 juillet 2018) 


Tout à l’heure 
J’ai reçu un texto
Et ça m’a fait l’effet
D’une pièce dans Mario.

(6 juillet 2018) 


Le pouvoir d’une bonne chanson, en français, c’est affolant de dextérité. Ça fait tourner le monde et le monde en est tout retourné. Renversé, transfiguré. Swing soul sister droit au cœur et reflux de larme à l’œil terre d’accueil. La Ringer dans toute sa splendeur.

– Pardon
– Y’a pas de pardon parce que y’a pas de faute

(6 juillet 2018)  


C’est déjà si dur parfois
D’être à un endroit à la fois.

(5 juillet 2018)


Parfois je me disperse physiquement
Comme si je n’étais plus déjà qu’atomes dans le vent

Tellement de choses me touchent
Que c’est comme une chute, un souffle

En naissant tu es sortilège
À présent tu pèses.

(5 juillet 2018)


La femme 
Est toujours un spectacle
Un tacle spé 
Qu’aucun arbitre ne siffle.

(5 juillet 2018)


L’âme
Ce qui émane d’une personne
Cet oiseau sans image
Et qu’elle est à elle-même
Comme aux autres quand on songe
D’or.

(5 juillet 2018)


Je ne tolère pour patron
Que mon inspiration
Et encore !

(4 juillet 2018)


Ambiance toilettes dans le métro
On ignore son voisin
Comme si on était sur le trône.

(4 juillet 2018)


L’été c’est
Arborer un look de plagiste sans âge.

(4 juillet 2018)


Pouvoir de la caméra 
Viens voir papa.

(4 juillet 2018)


Tu sors d’un soin avec Diane, masseuse-naturopathe et après la séance, un conseil :

« Ce soir bois beaucoup, de l’eau, mange léger et couche-toi tôt. »

Bref, vis ta vie comme si tu sortais de chez Diane.

(3 juillet 2018)


Acheter 10 glaces
Et les distribuer dans le métro
Où que tu passes.

(3 juillet 2018)


L’été c’est
Mettre des bouteilles au frais
Comme un vampire du sang.

(3 juillet 2018)


Dans le métro 
Tous envahis-sueurs
Collection été-se-meurt.

(3 juillet 2018)


L’été c’est
Se sentir si désirable
Parce qu’on s’est mis de la crème solaire
Qu’on s’en boufferait le bras.

(3 juillet 2018)


Quand t’es dans le dessert depuis trop longtemps
T’en perds tous tes repères à ton corps défendant…

(3 juillet 2018)


Paris brûle-t-il ?
Oui, la rétine.

#HâléesLesFilles

(2 juillet 2018)


Quand soudain
Il n’y a plus de terrain
Il n’y a plus que tes reins.

(2 juillet 2018)


L’été c’est
Marcher fakir
Sur des graviers
Qui nous rappellent
Des souvenirs, souvenirs.

(1 juillet 2018)


Comme on fait son lit 
On se couche
En été plus besoin de le faire
On se couche pas.

(30 juin 2018)


L’été c’est
Avoir l’impression d’être plus musclé
Parce qu’on a les biceps qu’ont bronzé
Et la maison semble toujours plus grande
Quand s’y plonge, toute d’orange
Cette couleur irréelle que feel les paupières
Ce fleuve doré qu’on ne voit que les yeux fermés.

(29 juin 2018)


Marguerite Duras
L’Immarcescible
Amor Trouville.

(28 juin 2018)


Prépare toi à affronter
Le retour du refoulé
De la chaussure à ton pied
Qui va te botter le cul.

(27 juin 2018)


Une belle fille
À la cambrousse
Je donne cher
De sa peau.

(26 juin 2018)


Le poète
Place le curseur
Entre l’humanité, l’univers
Et tire.

(26 juin 2018)


On regarde un papillon
Sortir de sa chrysalide
Mais où est la chenille ?
Dit-elle. Que répondre ?
Envolée ? Ce phénix ?
On reste cocon
Lui s’extirpe.

(26 juin 2018)


Cette nuit j’ai rêvé de Taylor. Taylor Swift. J’étais dans un chez moi qui ne ressemblait pas à chez moi – c’était beaucoup plus grand, il y avait un vrai salon avec un vrai canapé – et elle rentrait de son jogging toute transpirante et en legging – noir le legging, turquoise le sweat – et on s’embrassait sur le canapé. Elle sur moi, face caméra. Elle était toute en sueur, mais on s’en foutait, c’était elle, c’était l’amour. Et puis elle me montrait qu’elle m’avait ramené un vinyle. C’était son album, 1989. Elle me disait qu’elle l’avait trouvé à 30 euros je ne sais plus où. Je lui disais que c’était un peu cher, qu’elle l’aurait trouvé pour bien 10 de moins dans telle autre boutique mais bref j’étais content et on se retrouvait devant ma platine, elle calant le disque consciencieusement, mouvement du bras et du diamant. Et alors que la musique commençait à sortir, filer, je me mettais à faire quelques scratchs facétieux sur l’objet. Et elle n’en n’était pas du tout offusquée puisque m’arrêtant vite après deux-trois petits scratchs, elle pris le relais de plus belle, engendrant une vraie mélopée rythmique. C’était cool.

(25 juin 2018)


Trump et d’autres possèdent
Des gratte-ciel qui les possèdent
Mais pas le nuage que je regarde
Qui me laisse libre lui
Plus libre que l’oiseau
Qui ne rêvera jamais
D’y mettre le pied.

(24 juin 2018)


Je connais mes limites
C’est pourquoi
Je vais au-delà
En venant te voir
En allant vers toi
Au devant de toi
Et là et là
L’amour est sens
Issue
Vas-y.

(22 juin 2018)


Quand on voit ce que les gens font aux chiottes
On sait qui ils sont
Crotte.

(22 juin 2018)


Haha, c’est les vacances, génial
J’ai l’impression de sortir
D’une grande tournée mondiale
Et qu’elle n’est pas finie !

(22 juin 2018)


Voir des enfants voir ça en classe
Leur futur, notre présent, ton enfance
Tellement de choses remontent à la surface
Michael lui-même, sa tragédie
Humaine, musicale
Ce morceau, sa catastrophe et son génie
Industriel, humanitaire
Punk en un sens
Ce dualisme
Ce cri
Mégalomane
Et si sincère
Tu laisses venir les larmes
Qui lavent love life
Impossible autrement
Merci le prof d’anglais
Earth Song quoi

(22 juin 2018)


– Où est-ce que tu vas comme ça ?
– Au bout
– C’est où ?
– Nulle part, pour l’instant.

(20 juin 2018)


Comme un linge froissé
Qu’il faudrait repasser
Arrête d’avoir des idées
Elles font que suicider.

(20 juin 2018)


« O regardez, y’a Bécassine qui sort aujourd’hui ! »

Une ado du 16e
À ses camarades
Total street-cred
Formidable.

(20 juin 2018)


Si un nuage pèse
Comme je l’ai appris hier
Jusqu’à 800 000 tonnes

Quel fardeau
En ce jour trône
Sur nos frêles
Pas si frêles
Épaules ?

Serrons-nous l’écoute.

(18 juin 2018)


– Pourquoi les hommes vont-ils toujours dans le mur ?
– Parce qu’ils manquent toujours l’amour.
– Je sais : mais c’est quoi ?
– L’amour ? S’aimer soi.

– Pourquoi les hommes vont-ils toujours dans le mur ?
– Parce que les femmes sont sans issue.

(17 juin 2018)


Toutes les révolutions 
Commencent dans une chambre
Et aspirent à y retourner
A clore là l’esclandre
Qui les avait mené

Toutes les révolutions 
Commencent dans une chambre
Et aspirent à y retourner
A dénouer l’offrande
Qui les avait porté

Jusqu’à la prochaine 
Vous croyez ?

Toutes les révolutions 
Commencent dans une chambre
Et aspirent à retourner
Sous leurs cendres dividendes
Comme des nouveau-nés

Toutes les révolutions 
Commencent dans une chambre
Et aspirent à retourner
Clore dans l’ambre
Le tout nouveau brasier

Jusqu’à la prochaine
Vous pariez ?

(15 juin 2018)


Je sais que les WC
Sont un lieu où slasher
Qu’un étron vous manque
Et tout est repeuplé
A repeupler
Je sais bien
Mais quand même les gars
Faut pas trop pousser.

(15 juin 2018)


Les filles c’est fait pour faire l’amour
Les gars c’est fait pour faire la cour

Et réciproquement
Qu’on se le dise.

(15 juin 2018)


J’ai rêvé que j’interviewais Bowie. On marchait, on rigolait, réfléchissait. Un long travelling en tête à tête où il finissait par me parler de drogue achetée au litre (pour faire des économies et parce que voilà, à un moment, quitte à s’en nourrir…), des albums qu’il avait regretté sortir et ne pas sortir (aucun, il assumait tout, revendiquait la beauté erratique du parcours processus comme une longue et lente opération de fouille archéo-céleste…), et de ce qu’il aurait envisagé faire s’il n’avait pas été Bowie, si la musique comme ça n’avait pas embarqué sa vie (vendeur de fringues, un jour, un type, un noir, dans une boutique de fripes l’avait fasciné dans ce rôle-là et il avait entrevu comme un monde possible…). On finissait notre ballade de confidences à la caisse d’un magasin de disque où le caissier, d’origine asiatique, me disait qu’il n’avait pas tout à fait la monnaie sur le billet de 50 que je venais de lui donner (je ne sais pas quel disque j’avais acheté). Il m’invitait donc moi-même à piocher 5 euros dans un tas de pièces jeunes dispo sur le comptoir pour arriver au compte.

(15 juin 2018)


Une aventure qui dure
Tu veux ça dans ta vie – hi
Mais l’aventure qui dure
Ne serait-ce pas… mais si

Qu’on appelle ça l’amour
Ou la vie si tu veux – euh
C’que tu veux plus que tout
Tu l’as déjà mon vieux !

(14 juin 2018)


Elle met les hommes au tapis
Soigne les blessés de guerre
Bombe-fragmentés par la vie
Que l’on mène sur cette terre.

(14 juin 2018)


Les gens tatoués
Me donnent parfois l’impression
D’être une faïence
Signée Jacob Delafon.

(13 juin 2018)


Arrête de jeter tes bouteilles à la mer
Tu te pollues toi-même.

(13 juin 2018)


Prenons nos responsabilités.
Prenons nos rêves
Pour des réalités.

(13 juin 2018)


– Queer-je, courge, qu’entends-je ?
– Demain est un autre jour mon ange.
– Un autre jouir, jour, genre ?
– Où tout sera mélange

– Qu’entends-je, courge, queer-je ?
– Qu’ouïe, qu’oui, les petits oiseaux
– Le petit toi zoo va sortir ?
– Ce sera pas trop tôt.

(12 juin 2018)


Le contenant nique le contenu
Mais ça va pas durer
Tupperware à part.

(11 juin 2018)


Il pleut comme vache Sulpice
Au grand marché de la poiêsis.

(10 juin 2018)


Au trou
Un trou
Est un trou
Tout.

(10 juin 2018)


Entendu dans ma tête :

« On dîne ou on pine ? »

(9 juin 2018)


« Regarde, le m’sieur il fait de la corde à sauter… »
Momo, footeux, à son poto Mehdi, balle au pied.

Hé oui les gars
J’écris des poèmes
Je fais de la corde à sauter
Je suis un exemple de masculinité

Et à chaque pompe
Je ne mords pas la poussière
C’est cunni trèfles-quatre-feuilles à la Terre

Et quand je finis cul par-dessus tête
Mode mollusque yogi souplesse
Tu vois bien que c’est la fête

Oui, je sais qu’au fond de toi tu m’as vu
Et tout aussi étonné que tu sois
Sans même me regarder
Tu te dis : « Respect »

« Tope-là. »

(9 juin 2018)


Mon smartphone
Est mon patron
Sept jours sur sept
Pour pas un rond

À votre bon cœur
Please quelques likes
Font mon bonheur
T’as le choix des armes.

(9 juin 2018)


Marché de la poésie
Tous ces gens qui écrivent
Ça me dégoûte.

(8 juin 2018)


Chaque chose en montant
Me dit mon mental
Chaque chose en son temps
Me dit ce qui fait l’âme.

(8 juin 2018)


Modération.
À consommer avec modération.
Moi je veux bien mais où est-elle elle ?
Tout est si éloigné dans sa représentation.

(8 juin 2018)


Ce temps semble n’avoir aucune logique
Et pourtant dieu sait qu’il en a.

(7 juin 2018)


En tank celib
J’ai plein de trous dans ma vie
C’est quand tu veux.

(7 juin 2018)


Combien de messages 
Ai-je envoyé aujourd’hui
Qui ont fait le tour du globe
Alors que je restais ici ?

Combien et à qui ?
Je voudrais le savoir
Statistique poésie
Du désespoir

Combien et à qui
Oui, combien de personnes
Avec ton outil
As-tu bombardé à toi seul ?

Vertige pornographique
Combien dis combien ?
Dire un chiffre tu n’oses
Même pas, petite frappe.

(6 juin 2018)


Je voudrais pas m’isoler
Mais j’aime les mausolées.

– Maître Gims ft. Mallarmé –

(5 juin 2018)


Tu voudrais relier les étoiles entre elles
Pour voir apparaître on ne sait quel siège

(5 juin 2018)


Tromper l’ennui
Tremper la pluie
Mais pas de souci
Tu as L’Inspi

Tu habites le monde
Comme ton corps 
Habite l’âme

Abri atomique
Abracadabra
Paradis pluie
Parapluie da

(5 juin 2018)


Les gens qui disent face de bouc
C’est comme ceux qui disent oki
Je me demande – c’est plus qu’un doute
« Est-ce qu’on peut vraiment être ami ? »

(4 juin 2018)


Tout vient à point
A qui sait atteindre
Il faut savoir être
Passion.

(4 juin 2018)


Au cœur de la tempête
Onde de majesté
Tu es à la fête
Ne l’oublie
Jamais.

(1 juin 2018)


Au cœur de la tempête
Une petite fille qui tire la langue
Pour recueillir la pluie.

(1 juin 2018)


Pour que la femme comprenne l’homme
Il faudrait qu’elle sorte des couilles de son père 
Ou se taise à jamais.

(30 mai 2018)


Au tel Hamlet
Opé du St Esprit
Textote Squelette
Son cadavre chéri.

(30 mai 2018)


Je vois de + en + de mecs
Qui ont de gros biceps
Ont-ils les couilles
Qui vont avec ?

(30 mai 2018)


J’entends souvent dire, encore aujourd’hui, que l’allemand n’est pas une langue sexy. Y’a pas cinq minutes, dans le métro, j’avais deux jeunes allemandes shapées comme des planches de salut – du genre à faire des vagues dans ton paysage mental – elles discutaient devant moi et je vous assure, c’était très très joli, leur accent ne venait rien gâcher de leur cherry blossomness. Au contraire.

(29 mai 2018)


Bandée comme un arc
Aux courbes délectables
Sa silhouette paradait
À nulles autres enviables.

(29 mai 2018)


Conscience de la magie
Du sens de l’entropie
Du temps, des maladies
T’inquiète l’âme agit.

(29 mai 2018)


À défaut d’ensemencer la terre
Je lance parfois des miettes aux oiseaux
Ensemence le ciel.

(28 mai 2018)


La nature de nos échanges
Me laissait un goût étrange
Qui se traduisait en songes
Par d’horribles bancs d’éponges.

(26 mai 2018)


Le racisme ne commence-t-il pas quand sur BlaBlaCar
Tu préfères tous les conducteurs blancs aux noirs ?

(26 mai 2018)


Quand certains se cantonnent
Au détournement de fonds
D’autres, risquant d’autres prisons
Y adjoignent celui des formes.

(25 mai 2018)


« Je t’aime. »
Tue l’amour
Dit-elle alors
Je nous tais.

(25 mai 2018)


En ce bas monde, pour l’instant
Seul des enfants font des enfants.

(24 mai 2018)


Tes yeux
Mes ailes
La vie
Est belle.

(23 mai 2018)


Et si le luxe
C’était d’être soi ?

(22 mai 2018)


Parti en congé
Dans les bras de Morphée
Il revint zébré
D’étranges contrées.

(21 mai 2018)


Admire l’éclatement
De ma bulle

Internet

Vous manque
Et tout est dépeuplé.

(20 mai 2018)


Better fade in may than burn in août.

(19 mai 2018)


Entre la vie et la mort
Un pied dedans
Un pied dehors.

(19 mai 2018)


La femme bionique-t-elle ?
Oui, avec son tel.

(18 mai 2018)


Toutes les femmes ne sont pas détournables
Et ne sont pas des avions
Malheureusement.

(17 mai 2018)


Qui se sacrifie, se scarifie, s’oscarifie…
Et s’aborder est-ce saborder ? Moralenti.

(17 mai 2018)


Parfois je me sens si fatigué
Que j’ai presque honte de me montrer

J’accuse le coup
De je ne sais quoi

De grâce ?
De trop ?
De travail
Accro…

(16 mai 2018)


Ce Spéculoos qui plonge dans ce café
Si petit qu’il le boit tout entier
J’imagine que c’est
Toi & moi.

(16 mai 2018)


Ça me fait des vacances
Quand tu respires

Dans mes bras
Sans un bruit

Tu es si bavarde

Paris.

(15 mai 2018)


Criblé de belles
A travers moi
Tu vois le ciel
Rire aux éclats.

(13 mai 2018)


L’aphorisme
Est un jeu de fléchettes
Où parfois tu fais mouche
Et parfois c’est quéquette.

(11 mai 2018)


Tes pensées sont comme l’onde sur l’eau
Elles ne sont pas l’eau
Elles ne font que passer.

(11 mai 2018)


Les auteurs qui m’accompagnent
Sont les nuages où m’on regard s’attarde.

(9 mai 2018)


Une femme c’est comme un espionne russe
On se ferait pas avoir sans le charme de l’utérus.

(9 mai 2018)


Un homme sans machisme
C’est comme un burger sans viande
C’est possible mais bon…

(9 mai 2018)


Ecran tactile
Pocket call
3ème GM.

(8 mai 2018)


Puisse le rocker junkie
Puisse le poète maudit
Devenir des artistes yogi
Tout change ce monde
Et on a besoin d’eux ici.

(8 mai 2018)


J’ai six cônes au frais.
Empêchez-moi de partir en sucette.

(7 mai 2018)


Nos échanges prêtaient plus
À confusion qu’à Confucius.

(7 mai 2018)


Habiter poétiquement ta chatte.

(7 mai 2018)


Se résoudre à ne pas faire
De camp promis
Sortie de l’univers
Nour et jouit.

(6 mai 2018)


Parfois dire ce qu’on pense
Et uniquement ce qu’on pense
C’est déjà de la littérature
Un morceau de bavure.

(6 mai 2018)


Il rasait tellement les murs
Qu’on l’appelait hiéroglyphe
C’était là sa Punkitude
Ça et ça c’est bien lui

Il faisait tellement le mur
Qu’il s’est crashé sans mot dire
Comme on part sur Saturne
Inversant jour et nuit

Il aimait tellement l’Amour
Qu’il a passé sa vie ici
Devenu aveugle et sourd 
Cette épitaphe est son fils.

(6 mai 2018)


Glace is glace
Lala lalala !

(5 mai 2018)


À situation désespérée
Président demeuré
Toi-même tu sais

(4 mai 2018)


A chaque jour suffit son poème.

(3 mai 2018)


– L’Abbesses rouilla ?
– Anvers et contre tout !

(3 mai 2018)


Chaque fois qu’un smartphone
Tombe dans une cuWette
C la fin de la civilisation
Telle qu’on la connait.

(1 mai 2018)


Alerte attentat du climat
Assassin de la peau lisse.

(30 avril 2018)


L’idée qu’on se faisait l’un de l’autre était si grande
Qu’on n’était pas prêt à en descendre
L’amour tellement tout, partout,
Qu’on ne pouvait pas même s’effleurer le genou.

(29 avril 2015 – 2018)


La vie est une tournée
La vie est un repérage
Où parfois des flashs s’opèrent
Et tu captes le passage.

(29 avril 2018)


La poésie ne se satisfait pas de la page
Comme la mer ne se satisfait pas du rivage.

(29 avril 2018)


La mer c’est comme un oiseau
Qui serait tout le temps là
À battre des ailes.

(27 avril 2018)


Les déserts médicaux
C’est certains médecins eux-mêmes
Qui se prennent pour Dieu à leur bureau
Et ne comprennent rien de l’âme humaine.

(27 avril 2018)


Égoïste 
Comme les nuages
Je vais où le vent me porte
Courage.

(26 avril 2018)


Tout le monde a besoin d’une main tendue
Elle avait besoin d’un autre membre.

(26 avril 2018)


L’incarnation est une blague
Et la meilleure qui Soi.

(25 avril 2018)


La bonne
C’est celle qui fait le ménage
De celles qui te feront dire
Bon voyage.

(25 avril 2018)


Sans musique
La poésie serait une erreur.

(24 avril 2018)


Le réveil est dur
Mais moi aussi
A nous deux
B. Yacht
Fight

(24 avril 2018)


Mes derniers bébés
Sur des marche-pieds 
Hydrauliques.

(24 avril 2018)


Les parfums de la terre
Quand la pluie les révèle
Pois de senteur
Mince épuisette.

(23 avril 2018)


Les gens ne savent tellement pas comment leur corps fonctionne qu’on peut leur faire avaler n’importe quoi.

(22 avril 2018)


J’ai tellement trompé ma femme
Avant de la rencontrer
Que je ne l’ai jamais rencontrée.

(20 avril 2018)


Sexualité affolante
Des parfums dans le vent.

(19 avril 2018)


En vacances
Par essence
Je traverse la vie en marié, en marin
Avec ma longue traîne d’été, de rien.

(19 avril 2018)


Quel parterre !
C’est la saison des torticolis
Bienvenu en enfer
Au paradis !

(19 avril 2018)


Les femmes sont faites pour faire des enfants
Les hommes pour l’être.

(19 avril 2018)


En France on est frileux
On est trop mentaux.

(18 avril 2018)


C’est une journée 
A rester en calbute
Et regarder les femmes
Le manège de printemps
Faire le ménage à tout vent.

(18 avril 2018)


Miss Ici pee 
Down
The Mississippi.

(18 avril 2018)


Jamais les points sur les I
Ne remplaceront un poing sur la gueule
Mais ils sont plus constructifs et perçants
Espérons – qu’un bourre-pif.

(18 avril 2018)


Les choses bougent
Alléchantes et rouges.

(18 avril 2018)


Tout est bon
Dans le choix qu’on
Fait en pleine science-con.

(18 avril 2018)


Être artiste en 2018
C’est être egg-holistique
Qui sème se suive.

(17 avril 2018)


L’amitié
C’est comme le talent
Ça n’attend pas le nombre des années.

(17 avril 2018)


Entre nous
C’est sport
Ça matche.

(17 avril 2018)


L’universel
Est le poivre
De l’éternité
De l’instant.

(16 avril 2018)


La poésie ça rime à quoi ?
L’important c’est d’ouvrir les chakras.

(15 avril 2018)


À cette expérience
De la sodomie
Sans homophobie
Que tu fais passif
Quand tu chies.

(15 avril 2018)


Je ne fais pas de la pop
Et la pop me le fait bien savoir
Ce dont je suis fort aise
Comme tu ne peux pas savoir

Voyage, voyage
Sailor, savior
Waha va

(14 avril 2018)


Fais bien intuition à toi
Et les vaches seront bien sacrées.

(14 avril 2018)


Certains envoient des missiles
Comme on envoie un mail.
Tu me reçois ? Boom.
Cinq sur cinq.

(14 avril 2018)


– …
– Quelqu’un qui porte des fleurs, on ne peut pas s’empêcher de le regarder. Mais vous c’est encore pire, vos fleurs sont magnifiques.

(13 avril 2018)


J’aime l’erreur
Elle est humaine
Comme l’amour du prochain
Et de la prochaine.

(12 avril 2018)


Je ne fais pas de la chanson française
Mais des chansons en français
C’est aussi différent
Qu’être le roi de la France
Et celui des français.

(12 avril 2018)


L’autre jour
Je voulais me réconcilier avec Sylvain Tesson
Cette part quasi homonymique de moi-même
Car il faut faire tomber toute guerre intestine
Il n’y a guère que l’amour qui nous mérite
Et je l’ai encore trouvé très con
Derechef.

(12 avril 2018)


Regarder les pâquerettes chanter
Dans un carré d’herbe
Sentiment d’immensité
Aurait dit Baudelaire.


Bientôt
On aura
Trop chaud
On mourra.

Bientôt
On mourra
On aura trop chaud
Je crois.

(12 avril 2018)


Tout le monde
Est indénombrable
Comme du beurre.

(10 avril 2018)


Toutes des fallopes.

(10 avril 2014)


Au début cette journée était douce, clémente
Que s’est-il passé ? Ce matin en marchant
Tout dans l’air me faisait une cour charmante
Et me voici nu apeuré sous la pluie maintenant.

(9 avril 2014)


Plût au ciel que l’on se rencontre
Et que l’on tombe
Amoureux
Comme du jus de framboise

(9 avril 2018) 


Psaumes
Ce vers lent 
De poèmes.

(8 avril 2014) 


Graine ouverte
Grâce à elle
É v e i l

(7 avril 2014) 


Corbeille flatulente de fruits-peaux pourris
Nature morte-vivante qu’une mouche anoblie.

(7 avril 2014) 


L’orgueil de certains barman
Réclame le gilet pare-balles.

(6 avril 2014)


S’accepter comme on est
A un moment
Donner

Il y a encore tant de choses
Qui n’ont pas de sens mais
En fait en ont

On avance
Je le son.

(6 avril 2014)


Les choses suivent leurs cours et nous avec.

(6 avril 2014)


Laisse tomber le rock
Laisse tomber ce rock
Et danse, danse
N’en sois que plus léger.

(5 avril 2014)


Elle était gaulée
Comme une fusée lancée en plein ciel
Elle avait l’âge pour
Envoyer des hommes sur la Terre.

(28 juillet 2016)


On fait tellement de choses au cours d’une journée
Tellement de choses qui nous traversent en pensée
On calcule tant ce qu’on ne devrait que laisser pisser
Laissant passer ce qu’on devrait pleinement embrasser
D’autres choses nous sont adressées
Le monde est en train de changer

(24 juillet 2014)